Adama Gaye libre : l’affaire expliquée de A à Z

Le journaliste Adama Gaye est libre ! La quatrième demande introduite par ses conseillers aura été la bonne. En effet, le parquet de Dakar lui a accordé une liberté provisoire, après que ses avocats ont introduit une quatrième demande.

Ainsi, le journaliste consultant devra pouvoir humer l’air de la liberté après. Le journaliste et activiste sénégalais Adama Gaye, connu pour ses écrits virulents contre le régime du Président de Macky Sall, a été arrêté à son domicile sis à l’Immeuble Kébé au Plateau, dans le centre-ville de Dakar, le 29 juillet dernier, pour offense au chef de l’État. Depuis lors il était en détention à la prison centrale de Rebeuss.

Il a toujours réfuté la paternité de certains posts, arguant que son compte a été piraté. Néanmoins, il n’a jamais réfuté les écrits concernant la gestion des richesses naturelles. Malgré l’humiliation qu’a voulu lui faire subir le pouvoir en lui demandant de présenter ses excuses, Adama Gaye est resté arc bouté à ses convictions. Jugeant ses conditions de détention arbitraires et dégradantes, il avait même entamé une grève de la faim en guise de protestation avant d’y mettre un terme suite à des interventions.

Malgré tout le journaliste a poursuivi le combat en décidant, par le biais de ses avocats, de saisir les chefs d’États et de gouvernement de la Cedeao qui devaient se réunir le samedi 14 septembre 2019 à Ouagadougou. Ainsi, avait-il demandé à sa défense «d’engager des poursuites judiciaires contre l’État du Sénégal devant les instances internationales pour obtenir sa libération».

Dans la missive envoyée par ses conseils aux chefs d’État, on pouvait lire : «Le cas d’Adana Gaye, que nous considérons comme détenu politique et retenu parmi les détenus de droit commun, en est la parfaite illustration. En effet, privé de sa liberté d’expression et d’opinion, Adama Gaye s’est vu réduit à recourir à une ultime arme pour faire entendre ses droits : celle de la grève de la faim qu’il a entamée le 9 septembre 2019. Une grève suspendue aujourd’hui en raison de sa santé fragile d’après un avis médical, et sur demande de sa famille, de ses conseils et de l’ancien Président du Sénégal, Monsieur Abdoulaye Wade. Adama Gaye entend reprendre cette grève de la faim si sa situation judiciaire n’évolue pas favorablement. Il refuse ainsi de renoncer à ses droits fondamentaux et à l’idée d’une démocratie solide pour le Sénégal. Adama Gaye reste plus que jamais déterminé à se battre pour faire triompher son combat pour la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires publiques».

Quatre jours après la saisine de la Cedeao, Adama Gaye vient d’obtenir la liberté provisoire que le parquet lui a toujours refusé. Hasard ou coïncidence ? Toujours est-il que le journaliste consultant jouit d’un grand respect au niveau de nombre de chefs d’État africains avec qui il entretient des relations étroites. Ce qui laisse penser qu’ils n’ont pas été insensibles à sa requête.