COHÉSION DU PARTI SOCIALISTE – Abdou Diouf médiateur de l’ombre

Mu par la vivification de l’héritage senghorien, le président Abdou Diouf, ancien secrétaire général du Parti socialiste, milite dans l’ombre en vue d’assurer la survie de cette formation politique minée par de ré- currentes guerres de positionnement.

La bataille larvée entre les segments du Parti socia- liste respectivement fa- vorables à Ousmane Tanor Dieng et à Khalifa Sall connait un regain de tension induit, entre autres, par les incarcérations ré- centes de Barthélémy Dias et de Bamba Fall. En perspective des électionslégislatives de juillet prochain et en perspective de la présidentielle de 2019, chaque camp fourbit ses armes. Les uns réitérant leur ancrage au sein de la mouvance présidentielle au moment où les autres s’en démarquentsans demi-mesure. Actuellement en séjour au Sénégal, plus précisément à Popenguine, le président Abdou Diouf, ancien secrétaire général du Parti socialiste, suit d’assez près les affaires intérieures pour ne pas y être indifférent – même s’il a pris sur lui la décision, après avoir quitté le pouvoir, de ne pas se prononcer publiquement sur un bon nombre questions politiques et socio économiques. Désormais proche parmi les proches du président Macky Sall, l’ancien secrétaire général de l’Organisation inter- nationale de la francophonie n’en a pas moins gardé d’assez cordiales relations avec ses dés- ormais anciens camarades de Parti. Inconciliables positions Sans vouloir imposer une quelconque feuille de route à ces derniers, Abdou Diouf milite dans l’ombre en faveur de la vivification de l’héritage senghorien. Ce qui suppose, de son point de vue, d’éviter une scission qui serait préjudiciable, à terme, à la survie de cette formation politique. Une telle position recoupe d’ailleurs de Jean Paul Dias, chef de file du Bcg et non moins géniteur du maire socialiste de Mermoz – Sacré Cœur Barthélémy Dias. Il pré- conisait à ce propos, en date du 16 janvier dernier, «les parties antagonistes du Parti socialiste à se ressaisir» et indiquait dans le même temps que «l’éventuelle implosion du Ps ne bénéficierait à aucune d’entre elles». Cette injonction se heurte cependant à une mosaïque idéologique marquée par un émiettement du discours et ne polarisation extrême au sein du Ps. Tant et si bien qu’il y appert, à plus d’une occurrence, des positions tant inconciliables qu’antinomiques. Sous ce rapport, le bureau politique du Ps, ramant à contre courant de Khalifa Sall & Cie a tout récemment renouvelé «son soutien et sa confiance à Ousmane Tanor Dieng», sans manquer de demander aux instances de base de «travailler en parfaite intelligence avec les partis alliés au sein de Bennoo Bokk Yakaar, en vue de suivre le processus électoral, d’échanger des informations, de préparer les investitures des candidats de la Coalition, de mener campagne ensemble, pour les élections lé- gislatives».