Dele Alli, la revanche du destin

Buteur contre la Suède en quarts, le meneur de jeu est en passe de devenir, à seulement vingt-deux ans, l’un des joueurs sur lequel reposent les rêves de finale pour l’Angleterre, qui affrontera ce mercredi soir (20h00) les Croates. Et ce, malgré une enfance tourmentée.

L’inscription a beau être pratiquement effacée, elle reste lisible. Sur un panneau en bois strié par les années, on peut lire : «No ball games, by order». Cette interdiction, par décret municipal, de jouer au foot s’applique à l’impasse dans laquelle a grandi Dele Alli. Celle-ci se situe dans le quartier résidentiel de Bradwell, à Milton Keynes, une ville déprimante conçue dans les années 1960 pour le marché automobile anglais, étant située à une grosse heure de route au nord de Londres. Ce panneau illustre à quel point le parcours du milieu offensif des Trois Lions (22 ans), auteur d’un but contre la Suède samedi (2-0), a été semé d’embûches. Pour résumer, on relèvera que, dans son enfance, en plus de vivre au coeur d’une cité morne, dans une rue où il était interdit de sortir son ballon, ses parents ne se sont jamais vraiment occupés de lui, que son seul salut résidait dans un club de foot local détesté dans le reste de l’Angleterre, et dont les installations lui étaient difficilement accessibles…

Pour celui que ses coéquipiers à Tottenham surnomment «Bamm Bamm» (du nom d’un personnage des Pierrafeu), tout a donc commencé à Bradwell. Début mai, bien aidé par un soleil printanier, ce quartier de triste réputation avait pourtant quelque chose de séduisant, avec sa verdure insistante, et ses alignements bornés de maisonnettes à brique marron. Denise, la mère du joueur, y vit toujours, mais elle fuit désormais les journalistes, après avoir livré plusieurs entretiens chocs à des tabloïds. Elle y avouait que, au début des années 2000, en raison de son addiction à l’alcool, elle peinait à élever ses enfants.

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