Grande Guerre : le sort controversé des prisonniers allemands au Maroc

À des centaines de kilomètres des champs de bataille européens, le cimetière militaire de Casablanca, au Maroc, a gardé une trace étonnante de la Première Guerre mondiale. Une centaine de prisonniers allemands y ont été enterrés.

À l’est du centre-ville de Casablanca, le cimetière de Ben M’Sick offre aux visiteurs un panorama impressionnant. À perte de vue, ce sont des milliers de tombes de familles juives ou chrétiennes qui s’étendent sur plus d’un kilomètre. Ce lieu regroupe aussi un carré militaire français, le plus important du Maroc avec 12 384 sépultures. Sur des croix ou des stèles blanches, on peut lire les noms de marins morts au combat lors de la Seconde Guerre mondiale ou encore de tirailleurs sénégalais et de soldats maghrébins tués lors de la période dite de « pacification » lors du protectorat français (1907-1956).

Un peu plus à l’écart, dans le fond du cimetière, d’autres croix aux couleurs plus sombres, impeccablement alignées, attirent l’œil. Gustav, Wilhelm, Kurt, Hermann, Hans, Karl, Franz. À quelques mètres des tombes françaises, tous les prénoms sont germaniques. Il s’agit du carré militaire allemand, qui contient les corps de 120 soldats morts en captivité lors de la Première Guerre mondiale. Que faisaient-ils au Maroc, à des centaines de kilomètres du front européen ?