Prof Babacar Diallo – TRANSPLANTATION RENALE – ‘’Il n’y a que Le Dantec qui remplit les conditions’’

La loi sur la greffe n’est pas encore mise en œuvre au Sénégal. En attendant, Le Dantec est le seul hôpital pour le moment habilité à faire la transplantation.

Votée depuis décembre 2014, la loi sur la transplantation rénale n’est pas encore mise en œuvre. Même si le ministère de la Santé annonce des avancées significatives, la réalité reste tout autre.  Beaucoup de questions sont restées en suspens, comme les hôpitaux habilités à faire cette greffe. A l’occasion de la célébration hier de la journée mondiale du rein, le chirurgien urologue à l’hôpital Aristide le Dantec, Professeur Babacar Diao, a précisé que seul Le Dantec remplit les conditions pour faire une greffe. Car, selon lui, pour réussir une bonne transplantation, il faut le personnel, l’équipement nécessaire et avoir une équipe de transplantation.

C’est-à-dire, poursuit-il, qu’il faut dans l’équipe des néphrologues, des urologues et d’autres spécialités. Parce qu’au Sénégal, ‘’on va vers la transplantation donneur vivant. Il faut deux chirurgiens pour prélever un rein et au moins deux chirurgiens pour greffer. Et ce n’est pas celui qui prélève qui va greffer. Donc, il faut au minimum 4 urologues dans le service’’, a-t-il expliqué. Il faut également, dit-il, un service d’immunologie, un service de bactériologie, d’urologie, un service de radiologie fonctionnel, un service de chirurgie viscérale, un service d’anatomie pathologique. ‘’Il faut que, dans tous ces services-là, des gens disponibles soient désignés. Un médecin de transplantation n’est pas un médecin qui ferme son téléphone, la nuit. Il doit être joignable 24h sur 24.  Actuellement, il n’y a qu’un seul hôpital qui remplit ces conditions-là. C’est Le Dantec’’, renseigne Pr Diao.

En outre, le chirurgien indique que si on veut faire ailleurs la transplantation, ça sera très risqué. Si Dalal Jamm, qui a une belle architecture, remplit les critères d’équipements et de ressources humaines, ce serait l’idéal, ajoute-t-il. ‘’On ne déplace pas des équipes pour aller transplanter dans un autre hôpital.  Ceux qui travaillent doivent former une équipe. C’est des gens qui sont habitués à travailler ensemble et chez qui le courant passe’’, explique le chirurgien urologue.