VOL DE PLUS DE 266 MILLIONS CFA DANS LE RÉSEAU DE JONI-JONI VIA LA POSTE – La bande du nigérian Victor Emeka risque entre 4 et 5 ans de prison

Lessieurs Victor Emeka Igweka, Ejike Celestine Ibekwe, Azzam Fred et Mariam Touré qui sont respectivement de nationalité nigériane, sierraleonnaise et malienne ont été attraits hier devant la barre duTribunal correctionnel de Dakar. Le cinquième élément de cette bande de malfaiteurs, un Ivoirien répondant au nom de Moctar Doucouré qui court toujours, a été jugé par contumace. Tout ce beaumonde comparaissait devant cette juridiction de jugement pour les délits d’association de malfaiteurs, accès et maintien frauduleux dans un système informatique, interception frauduleuse de données informatisées, escroquerie et faux et usage de faux dans un document admi- nistratif, entre autres. Ils avaient réussi la prouesse de voler à la société Joni-Joni, spé- cialisée dansle transfert d’argent, la bagatelle de plus de 266 mil- lionsCfa via La Poste.Cestrans- actions frauduleuses se sont dé- roulées entre le 3 et le 11 sep- tembre 2015, dates où le pot aux roses a été découvert par un cer- tain Saliou Thiam, responsable des opérations de la société Joni- Joni. Ce dernier qui n’en revenait pas, a aussitôt câblé la Section de Recherches de la gendarmerie nationale sise à Colobane. Dans sa lettre-plainte, il a indiqué aux pandores qu’il avait constaté que destransactions anormales à l’aide de code d’envois frauduleux avaient été faites à partir du service de La Poste par le biais du réseau Joni-Joni. Dans sa dé- position, il n’a pas manqué de souligner que le profil d’utilisateur utilisé dans cette vaste entreprise d’escroquerie était celui du bureau de La Poste de Thiès. Dans la foulée, pour mieux ferrer les personnes malintentionnées qui s’adonnaient à cette vaste entreprise d’escroquerie, les responsables de tous les points JoniJoni avaient été alertés et invités à faire vérifier l’authenticité du code d’envoi à chaque fois que la transaction dépassait unmillion Cfa. AUDITIONS À LA PELLE À l’enquête préliminaire, plusieurs personnes ont été entendues dont les nommés Bassirou Wade, directeur des mandats et destransferts deLa Poste,El HadjiAbdoul Aziz Mbaye, chef du département réseaux et sécurité de La Poste, Abdou Sarr, agent de guichet au bureau de La Poste de Thiès et Seydou Diakhaté, le receveur du bureau de La Poste de Thiès.Au terme de ces auditions tous azimuts, les gendarmes-enquêteurs ont mis en place un dispositif de surveillance autour des points Joni-Joni les plus importants. C’est sur ces entrefaites que les sieurs Paul Johnson qui s’est révélé être plus tard le nommé Ejike Ibekwe, Victor Elemeka Igweka et Azzam Fred qui s’étaient présentés dans un point Joni-Joni pour y effectuer un re- trait d’un montant de 2 millions Cfa ont été cravatés contre toute attente. Soumis au feu roulant des pan- dores,Azzam Fred a déclaré que c’est le sieurVictorEmeka Igweka qui lui avait remis un code Joni- Joni pour un retrait d’argent. Ejike Celestine Ibekwe alias PaulJohn- son a, à son tour, mouillé Victor Emeka Igweke. Ce dernier a fait son mea-culpa non sans écla- bousser la malienne Mariam Touré. La perquisition effectuée chez ces malfrats a permis aux enquêteurs de la Section de Re- cherchesla découverte de divers objets dont plusieurs ordinateurs portables contenant deslogiciels suspects qui ontservi à pirater le compte d’Abou Sarr de La Poste de Thiès. Dansla journée du 11 septembre 2015, alors que les gendarmes n’avaient pas encore bouclé leur enquête, un certain Moctar Dou- couré usant du même mode opé- ratoire a tenté de gruger Joni- Joni de la somme de 900.000 Cfa.Mais, ayantsenti qu’ilrisquait d’être interpellé, il a pris la fuite à bord d’un véhicule. Ses acolytes qui étaient en position de garde-à-vue dans les locaux de la Section de Recherches ont été conduits devant le procureur de la République qui les a placés sous mandat de dépôt le 21 septembre 2015. Hier, lors de leur procès, le maître des poursuites convaincu de leur culpabilité, a requis à l’encontre de Victor Emeka Igweka, considéré comme le cerveau de cette bande, une peine d’emprisonnement de 5 ans ferme. Idem pour le fugitif Moctar Doucouré qui fait aussi l’objet d’un mandat d’arrêt in- ternational. Les autres prévenus risquent chacun 4 ans de prison ferme. Joni-Joni et la Poste qui se sont constitués partie civile dans cette affaire, réclament en guise de dommages et intérêts, pour tous préjudicessubis, respectivement 300 millions et 5 millions Cfa. Délibéré, le 2 mars prochain.