Le communiqué du FMI sur la dette publique du Sénégal met en lumière un contraste saisissant entre les discours de souveraineté brandis par le Pastef et la réalité économique du pays. Dans une réaction virulente, Delphine Diatta, de Gueum Sa Bopp Diaspora, dénonce ce qu’elle considère comme un abandon des promesses de rupture.
Une dette réévaluée à 118,8 % du PIB
Le Fonds monétaire international (FMI) a publié un communiqué alarmant : la dette publique du Sénégal, initialement déclarée sous-estimée, atteindrait 118,8 % du PIB fin 2024. Cette révision résulte, selon l’institution, de passifs jusque-là non divulgués par les précédents gouvernements. Face à cette situation, le FMI appelle à des mesures correctives, notamment pour renforcer la transparence budgétaire et fiabiliser les rapports financiers
Retour au FMI, malgré les promesses de souveraineté
En rupture avec ses discours de campagne, le nouveau régime a confirmé son intention de solliciter un nouveau programme soutenu par le FMI afin d’accompagner sa stratégie nationale de développement.Un choix que Delphine Diatta qualifie d’aveu de soumission, loin de la souveraineté financière et des « financements endogènes » tant proclamés par le Pastef
.Les priorités fixées par le FMI
Dans son communiqué, l’institution de Bretton Woods a identifié quatre axes majeurs
Renforcement de la gestion des finances publiques et transparence budgétaire
Relance des secteurs stratégiques.
Développement du capital humain et amélioration de l’équité sociale.
Résilience face aux chocs climatiques.
Mais pour Delphine Diatta, ces prescriptions ne sont que des «formules convenues », traduisant une dépendance accrue vis-à-vis des bailleurs extérieurs. Elle pointe également du doigt le paradoxe du président Diomaye Faye, qui a choisi d’inviter solennellement les investisseurs français, au lieu de miser sur le secteur privé sénégalais.
Des mesures sociales menacées ?
Le FMI insiste sur la réduction du déficit budgétaire, ce qui pourrait passer par une baisse des subventions sur l’électricité, l’eau et certaines aides sociales. Une orientation qui, selon Mme Diatta, expose directement les populations à des souffrances accrues
«Une rupture imaginaire»
Dans un ton acerbe, Delphine Diatta conclut que « le populisme n’a servi qu’à berner les masses » et que la souveraineté tant chantée par le Pastef n’était qu’une illusion politique.« Quand on n’a rien de solide, on ne propose pas. Ce projet était bidon, sans solutions », lâche-t-elle, voyant dans ce revirement une capitulation devant l’Occident.