Un nouveau rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), daté de juillet 2025 et transmis au Parquet financier, met en cause l’homme d’affaires Mouhamad Dieng, ancien patron de la société Service Online International S.A., détentrice de la licence 1XBET Sénégal. Selon les révélations du journal L’As, le document détaille un montage complexe de flux financiers susceptibles de relever du blanchiment de capitaux.
Un réseau de sociétés écrans
La Centif décrit un système sophistiqué impliquant une série de sociétés contrôlées par Dieng : MIR Holding SAS, MD Global Business Service SUARL, Celsus SAS, Digital Manager SARL, SCI Sayuz, Paydunya, Universal Payment, Payemetrust, ainsi que plusieurs fondations. Les flux circulent entre ces entités sans contrat ni justification économique, souvent à partir des mêmes adresses aux Mamelles. Une stratégie qui brouille l’origine des fonds et constitue, selon la Centif, une méthode typique de dissimulation.
Plus de 3,8 milliards FCFA via une étude notariale
Les enquêteurs pointent particulièrement l’étude notariale « Maîtres Nafissatou Diop Cissé & Abdoulaye Dièye », qui aurait centralisé près de 3,9 milliards FCFA provenant des sociétés de Dieng. Les virements dépassent fréquemment les 100 millions, mais sans réelle contrepartie économique. Pour la Centif, le notaire aurait dû appliquer des mesures de vigilance prévues par la loi anti-blanchiment de 2024, ce qui laisse planer un soupçon de complicité.
Des anomalies dans la gestion de 1XBET
Le rapport met également en lumière des anomalies dans la plateforme technique de la Lonase, permettant à Service Online International et ses partenaires Paydunya et Universal Payment de traiter des mises et gains hors du circuit officiel. Une situation qui pourrait traduire un détournement partiel des fonds des joueurs. Par ailleurs, MIR Holding a signé en décembre 2023 un contrat de location-vente de six immeubles destinés à la Lonase, en dehors des règles de la commande publique.
Un train de vie sans rapport avec ses revenus
Enfin, la Centif souligne l’écart entre le patrimoine accumulé par Mouhamad Dieng et ses revenus officiels, fixés à 1,5 million FCFA par mois. Cette disproportion alimente les soupçons de revenus occultes et de fraude fiscale, en violation des dispositions du Code général des impôts.