La Fondation Mastercard a réuni en ligne, hier, jeudi, de jeunes agri-preneurs africains pour échanger sur les défis et les solutions liés aux systèmes alimentaires.
En prélude au Forum sur les Systèmes alimentaires en Afrique, prévu du 31 août au 5 septembre 2025, à Dakar, la Fondation Mastercard a mis en lumière de jeunes entrepreneurs qui participent activement à la transformation de l’agriculture et de l’agroalimentaire du continent. Ces jeunes agri-preneurs ont partagé, hier, jeudi 28 août, lors d’une rencontre virtuelle, leurs parcours, présenté leurs entreprises et évoqué les difficultés.
Housseynatou Diallo, fondatrice de « Baaxu Maam », entreprise spécialisée dans la valorisation des produits locaux, a insisté sur les contraintes d’approvisionnement. « Trouver des matières premières de qualité et en quantité suffisante demeure un véritable défi pour une jeune entrepreneure comme moi », explique-t-elle. Elle souligne la concurrence des produits importés, souvent moins chers et qui freinent l’écoulement des productions locales. Pour y remédier, elle appelle à une meilleure organisation des filières agricoles et un accompagnement renforcé des producteurs.
Latifa Diédhiou, directrice de « Nutritives Sarl », entreprise s’activant dans la transformation de noix de cajou cultivées en Casamance, a mis en avant la question du financement comme principal obstacle au développement. « Les banques traditionnelles offrent peu de produits adaptés aux besoins des jeunes entrepreneurs agricoles », regrette-t-elle. Pour elle, il est urgent que les institutions financières, notamment les banques agricoles, créent des mécanismes de crédit accessibles et souples. « Il faut que les États africains travaillent avec les banques pour réduire les taux d’intérêt », plaide-t-elle.
À son avis, l’autofinancement, bien que possible, ne peut suffire à soutenir une croissance durable. Youma Dème, propriétaire de « Haïfa Food », engagée dans la transformation de produits agricoles, a évoqué les difficultés liées à la distribution. Acheminer les produits jusqu’aux consommateurs reste complexe, faute d’infrastructures logistiques efficaces. « Il est difficile aussi de travailler convenablement et de faire face à la concurrence des produits importés », affirme-t-elle, préconisant un meilleur soutien à la commercialisation locale ainsi qu’une sensibilisation des consommateurs sur le consommer local.
De ces échanges ressort une conviction commune : la jeunesse africaine détient les idées, l’énergie et le savoir-faire nécessaire pour bâtir des systèmes alimentaires solides et résilients, selon la modératrice de la rencontre, Oumou Souloy. Mais, conclut-elle, pour libérer pleinement ce potentiel, un soutien accru en matière de financement, de logistique et de protection des productions locales s’avère indispensable.