Ces affaires qui contredisent le ministre Malick Sall

Le ministre de la Justice, Me Malick Sall se plait à clamer que la justice sénégalaise est indépendante. Mais, dans la réalité judiciaire des dossiers et des rapports en souffrance, ce constat atteste du contraire.

 

Par Ndiogou CISSÉ

 

Le ministre de la Justice a affirmé que la justice sénégalaise est indépendante. Mais des constats le contredisent. Sur pièce, à ce jour, de gros dossiers sont dans les tiroirs de la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Ils n’ont pas été classés sans suite, mais y sont curieusement bloqués. Pour rappel, les enquêtes préliminaires qui concernent ces affaires, ont été minutieusement effectuées par des enquêteurs de la gendarmerie et de la police, qui les ont dûment transmises.

Mais comme la Crei semble avoir été spécialement ressuscitée pour casser quelques-uns, dont Karim Wade, ces dossiers ne bougent pas. Les propos de l’ancien procureur Alioune Ndao, qui s’est plaint de textos qu’on lui envoyait en pleine audience pour une conduite à suivre, illustre ce manque d’indépendance de la justice. À propos des dossiers cités en référence, qui dorment à la Crei, ils ont été annoncés par ce même parquetier, qui a conduit les enquêtes contre des personnalités supposées détenir des biens mal acquis.

Mais curieusement, et à la grande surprise de plus d’un, la Cour de répression de l’enrichissement illicite n’a pas instruit ces dossiers, donnant l’impression de danser une valse d’une justice à deux temps. En fait, le parquet spécial de la Crei, qui met en mouvement l’action publique contre les auteurs présumés d’enrichissement illicite, est directement placé sous l’autorité du ministère de la Justice.

Autres constats qui contredisent la position de Me Malick Sall sur la justice, sont les rapports de la Cour des comptes qui étaient en dormance depuis 2014. Remis au président de la République, ils ont fait état de scandales qui sont à ce jour, impunis. Il y a aussi les rapports de l’Inspection générale d’État de l’Ofnac, qui connaissent le même sort. Si ça ne dépendait que de la justice elle-même, tous ces scandales seraient élucidés. La Centif qui lutte contre le blanchiment d’argent, qui fait débat avec l’affaire Batiplus, qui intéresse les États-Unis, qui enquêtent sur une criminalité liée à un circuit de financement obscur, a directement transmis plusieurs dossiers dont quelques-uns seulement, ont été diligentés. Personne ne peut en tout cas affirmer que c’est parce que la justice est indépendante, que ces dossiers et rapports ne sont pas diligentés. Au contraire.

Pour le cas de Khalifa Sall, ça a été vite fait. Si le Sénégal a une ferme volonté de combattre la dilapidation des ressources publiques et le blanchiment de capitaux, il doit favoriser la transmission et la diligence de tous les dossiers et rapports à la justice. Dans un État dit de droit, une justice qui n’est pas indépendante, pose problème, car elle remet en cause la place des magistrats dans le processus législatif.

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