Le Sénégal sans pain aujourd’hui pour 3 jours

es boulangers du Sénégal ont décidé de sevrer les populations de pain, sur toute l’étendue du territoire nationale, pendant trois (3) jours. Et cette privation démarre à partir d’aujourd’hui mardi, avec la grève de 72 heures d’arrêt de production décrétée par la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs). «Les mardi, mercredi et jeudi, il n’y aura pas d’approvisionnement en pain au Sénégal. Les boulangers ne peuvent plus poursuivre la production de pain à perte. Vue la gravité de la situation, même les boulangers qui ne sont pas membres de la Fédération ont décidé de se joindre à nous dans la grève», a fait savoir Ndéné Ndiaye, Secrétaire général de la Fnbs. Qui signale qu’il est à présent venu le temps de reprendre tous les engagements non respectés depuis 2017 et qui amènent la Fnbs à soulever publiquement la responsabilité directe des services de l’État dans la mise en péril de la filière boulangère. Cette décision d’aller en grève des boulangers intervient après l’arrêt de production de farine depuis mardi dernier par les meuniers du Sénégal. Les boulangers n’excluent pas de durcir davantage le ton, si l’Etat ne venait pas à satisfaire leurs exigences. «Après les trois jours, nous allons évaluer pour voir si la grève doit continuer ou pas. Nous n’allons pas ouvrir nos boulangeries, tant que l’Etat ne satisfera pas nos besoins, celui de fixer un bon prix du pain. Nous allons continuer la grève jusqu’à nouvel ordre. Nous n’en pouvons plus. Nous sommes des petites et moyennes entreprises avec des charges fixes que nous devons respecter (les salaires, impôts, taxes…)», avisent Ndéné Ndiaye et Cie.  Non sans ajouter : «Si on ne parvient pas à faire des bénéfices sur notre travail, on risque de sombrer. Il y a déjà beaucoup de boulangeries qui ont fermé à cause du mauvais prix du pain.» Depuis maintenant trois jours, indiquent M. Ndiaye et ses camarades, le sac de farine de 50 kg fait l’objet de fortes spéculations de la part des distributeurs et dans certaines régions du pays, les boulangers sont obligés de cesser leur activité. Les boulangers dénoncent cette situation et rappellent à l’État sa responsabilité dans l’égal accès au pain pour les concitoyens sur tout le territoire national. Ils soutiennent que ces difficultés d’approvisionnement et de production étaient prévisibles et ils n’ont cessé d’alerter sur la crise dans laquelle «l’incurie des autorités» a plongé tous les acteurs de la filière. «Il faut appliquer la vérité du prix du pain… »
Depuis plusieurs années, soulignent Ndéné Ndiaye et ses camarades de la Fnbs, le secteur de la boulangerie connaît une crise chronique et continue qui arrive à son dernier niveau de complexité́. Pour eux, il n’est donc pas surprenant que la farine qui représente l’essentiel de leurs facteurs de production tombe dans l’instabilité sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit apportée aux boulangers du Sénégal. «C’est la preuve d’une marginalisation qui doit cesser. La corrélation entre la farine et la production de pain est telle qu’il n’est pas envisageable une augmentation de la farine sans révision du prix du pain. Le maintien de la baguette de 190 grammes à 150 FCfa constitue le signal de la mort planifiée des boulangeries au Sénégal», avertissent les boulangers. Ils exigent que les autorités gouvernementales prennent conscience de l’impact économique et social du secteur de la boulangerie qui couvre plus de 30 000 emplois directs et 40 000 emplois indirects, dont la perte serait «une catastrophe sociale» pour le Sénégal. Les membres de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal demandent aux autorités étatiques d’appliquer la vérité des prix de la farine et du pain au Sénégal. Depuis 2019, disent-ils, l’Etat peine à appliquer le nouveau prix du pain qui devait passer de 150 à 180 FCfa, la baguette de 190 grammes. «Depuis 2019, les boulangers vendent le pain à perte. Il est temps, pour les autorités gouvernementales, de dire la vérité à nos concitoyens sur le juste prix de la baguette de pain. Le Sénégal ne peut être un îlot dans le monde. A l’instar de tous les pays du monde, le prix de la farine et du pain a augmenté», constate Ndéné Ndiaye. Les boulangers dénoncent le fait que les recommandations des assises de la boulangerie de 2017 soient rangées aux oubliettes.  Ils exigent de l’Etat la révision de la structure de prix du pain à 1 FCfa le gramme et le référencement de nouveaux formats adaptés à la rentabilité́ de la production, l’application de la règlementation sur la production et la distribution de pains qui posent des exigences non négociables en matière de livraison et de vente dans les boutiques. L’Etat, disent-ils, doit aussi procéder au règlement urgent et sans délai des revendications des meuniers sur le prix de la farine, désormais exposé à une spéculation dangereuse pour l’ensemble des acteurs de la filière.

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