Mamadou Ndiaye pompe 40 millions de frs de l’Université privée Kéba Mbaye

Par escroquerie, abus de confiance, faux usage de faux et détournement de fonds, l’un des prestigieux établissements privés d’enseignement supérieur de Dakar, l’université Kéba Mbaye (UKM), a vu ses comptes vidés par son directeur des études, Mamadou Ndiaye, arrêté par la DIC puis écroué en attendant son jugement. Comment cet établissement a-t-il été grugé d’un montant de plus de 40 millions ? Récit d’une rocambolesque affaire de piratage !

 

Mois de mars 2020. Au sein de l’université privée Kéba Mbaye, les cours suivent l’ordre normal et académique. Sur le plan des études, rien à signaler. Cependant, au sein de l’administration, une utilisation frauduleuse du logiciel de gestion de l’établissement est détectée. Face à cette anomalie, un audit commandité par le directeur général de l’université privée est enclenché.

A l’issue de ce contrôle interne, il a été découvert un flux massif d’étudiants inscrits par le biais de fausses factures piratées sur le compte de la caissière seule habilitée à encaisser l’argent de la scolarité. Une enquête faite auprès des étudiants pour cerner davantage l’ampleur de l’escroquerie n’ont pas tardé à dévoiler un autre circuit emprunté par le pirate. Il est apparu que ce dernier, pour détourner les fonds à sa guise, aurait invité également certains étudiants à effectuer les paiements de leur scolarité par le canal des services de transferts d’argent vers son numéro de téléphone.

Cet argent reçu, qui n’était pas reversé dans les caisses de l’établissement privé, renflouait les comptes de l’agent véreux. A la grande stupéfaction du chef d’établissement, les indices ont tous mené directement vers son homme de confiance qui n’est personne d’autre que le directeur des études, Mamadou Ndiaye. Le même qui, en catimini, investissait cette manne financière dans l’ouverture d’une autre école privée lui appartenant.

Convoqué pour fournir des explications sur les irrégularités constatées, M. Ndiaye fait des aveux tout en refusant de révéler ses complices dans la cabale financière. C’était avant que les choses sérieuses ne commencent avec l’entrée en action de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite d’une plainte du patron de l’université privée. Cuisiné par les policiers, M. Ndiaye livre les noms du trio à l’origine du détournement. Le chargé de la logistique de l’établissement, sentant les carottes cuites, s’évapore dans la nature. L’autre complice qui gérait la comptabilité est cueilli chez lui.

Les étudiants escroqués se constituent partie civile
Venus pour la plupart de pays étrangers en quête d’un parchemin, des étudiants, qui ne se doutaient pas de l’existence de manœuvres frauduleuses, s’estimaient être en règle. C’est seulement lors de l’éclatement du scandale constitué par le détournement réalisé par le directeur des études que les malheureux ont su qu’en réalité les reçus qui leur avaient été remis étaient falsifiés. Et qu’ils n’étaient pas à jour de leurs frais de scolarité.

Choqués par cette situation, des parents d’élèves, qui craignaient de voir leurs enfants renvoyés, se sont constitués partie civile. Ainsi, au sein de l’établissement privé, une mesure d’indulgence a été prise par le directeur général pour permettre aux étudiants victimes de continuer leurs études en toute quiétude. Pour abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux et détournement de fonds, Mamadou Ndiaye et ses acolytes, écroués, attendent que leur sort soit scellé lundi prochain, indique Le Témoin qui rapporte l’audience.

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