Pour avoir tenté de se débarrasser de sa grossesse : la bachelière de 20 ans se retrouve aux urgences puis en prison avec le faux vendeur de médicament

Fille d’une enseignante et d’un professeur d’université, Aïcha Ndiaye a failli perdre la vie en voulant mettre un terme à sa grossesse indésirable. Son petit ami qui voulait qu’elle se débarrasse du bébé l’a mise en rapport avec un étudiant en compatibilité, Boubacar Diédhiou qui lui a vendu un médicament qui l’a envoyé aux urgences. Tous les deux, Aïcha et Boubacar, ont été condamnés, hier, par le juge des flagrants délits.

Certaines personnes vendraient tous leurs biens pour avoir un enfant. Mais d’autres, pour ne pas être la risée de leur entourage, s’offrent le luxe de tuer ces pauvres innocents. Tel est le cas de la jeune fille Aïcha Ndiaye et de son petit ami I. Faye. La première nommée a été appelée à la barre des flagrants délits de Dakar, hier mercredi, pour répondre du chef de tentative d’interruption volontaire de grossesse.

Ayant contracté la grossesse des œuvres de son petit ami I. Faye, la nouvelle bachelière s’en est ouverte à celui-ci qui a reconnu être l’auteur. Mais, il lui a préconisé de se départir de la grossesse. Non sans la mettre en rapport avec le nommé Boubacar Diedhiou qui, selon le petit ami, peut les aider dans leur projet d’interrompre la grossesse. Ainsi, A. Ndiaye saisit l’étudiant en comptabilité qui s’adonne à la vente illicite de médicament et celui-ci lui remet un comprimé moyennant la somme de 50.000 francs.

En prenant le médicament, A. Ndiaye était loin de se douter qu’il serait la source de tous ses malheurs. En effet, à peine a-t-il avalé le comprimé que ce dernier a commencé à présenter des effets secondaires inattendus. Elle a subitement été envoyée aux urgences dans une structure de santé sise à Rufisque. N’eût été sa prise en charge médicale rapide, la bachelière A. Ndiaye allait passer de vie à trépas. C’est après s’être réveillée qu’elle est passée aux aveux en confiant au médecin le délit qu’elle venait de commettre.

Conscient de la gravité des faits, le médecin alerte la police qui a ouvert une enquête. C’est à l’issue des investigations que B. Diedhiou et la victime A. Ndiaye ont été arrêtés. Le petit ami de la jeune fille, lui, s’est fondu dans la nature. C’est hier qu’ils ont été appelés à la barre des flagrants délits de Dakar. Entendu en premier, I. Diedhiou, jugé pour complicité de tentative d’interruption volontaire de grossesse, a tout nié en bloc alors qu’il avait reconnu l’accusation à l’enquête.

Selon lui, c’est la bachelière qui l’a sollicitée, par l’entremise de son petit ami en cavale, parce qu’elle voulait soulager ses maux de ventre car étant en état de grossesse. «Je me suis rendu au marché de Sandaga pour payer le médicament à 35.000 F Cfa. Je l’ai revendu à la dame à 50. 000 FCfa», a déclaré M. Diédhiou. Mais le juge qui était loin d’être convaincu lui fait savoir que sa version est invraisemblable. «Vous vous ne souciez pas des conséquences que le médicament peut avoir sur la santé de la personne», a renchéri le magistrat.

Quant à la bachelière A. Ndiaye, accusée de tentative d’interruption volontaire de grossesse, elle a reconnu les faits en admettant avoir payé le médicament à 50. 000 F Cfa. «Vous êtes enceinte de combien de semaines ?», lui demande le juge. «Je l’ignore», a répondu la dame. Dans son réquisitoire, le parquet est convaincu que si B. Diédhiou n’évoluait pas dans le commerce illicite de médicaments, À. Ndiaye n’allait pas le solliciter. De l’avis du parquet, la loi réprime plus ceux qui vendent ces produits prohibés, ceux qui profitent de la détresse des autres que ceux qui en consomment. Par conséquent, il a requis deux ans dont six mois ferme contre B. Diédhiou et six mois avec sursis contre la bachelière.

Même si B. Diedhiou s’est rétracté à la barre, l’avocat qui assurait sa défense, lui, a plaidé coupable. Selon la robe noire, son client a voulu se dédouaner pour échapper aux sanctions pénales. Ainsi, il a demandé au tribunal de lui tendre la perche en lui faisant une application bienveillante de la loi. L’avocat de A. Ndiaye a abondé dans le même sens en présentant les regrets de sa cliente. «Sa grossesse relève de son destin. Elle ne recommencera pas», a-t-il expliqué. C’est pourquoi, il a plaidé la clémence en la dispensant de peine.

Finalement le tribunal a reconnu les prévenus coupables des chefs pour lesquels ils comparaissaient. Boubacar Diedhiou a écopé d’une peine de 1 ans dont 6 mois ferme tandis que sa coprévenue s’en est sortie avec une peine assortie du sursis de 6 mois.

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