Trois rapports remis à Macky : Que compte la Cour des comptes ?

Le rapport de l’Inspection générale d’État sur la caisse d’avance de la mairie de Dakar est à l’origine de l’inculpation de Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar, et Cie qui ont passé trois ans en prison. Ce vendredi, les rapports de la Cour des comptes qui étaient en dormance depuis 2014 vont être remis au Président de la République. Que vont-ils devenir ? Que valent-ils finalement ? Que compte la Cour des comptes sont autant de questions qui se posent dans un pays où le chef de l’État garde dans son tiroir d’autres rapports qui ne connaissent pas de suite. Un constat qui pourrait conforter l’impression selon laquelle les rapports des corps de contrôle sont exploités à des fins de règlements de compte politiques.

Pour rappel, la Centif qui lutte contre le blanchiment d’argent, a directement transmis à la date du 30 juin 2016, 212 dossiers dont quelques-uns ont été diligentés. Personne ne comprend les raisons qui sous-tendent cette inertie dans le traitement des rapports par la justice. En tout cas, pour que le Sénégal ne soit pas rangé dans le lot des pays qui traînent les pieds dans la lutte contre la criminalité financière, il devrait s’éviter de telles lenteurs.

Si pour la caisse d’avance de la mairie de Dakar, le gouvernement s’est intéressé à la destination des fonds et a exigé hic et nunc des éclaircissements à Khaf et consorts, il ne l’a pas fait pour d’autres rapports. Les trois que la Cour des comptes va déposer ce vendredi sur la table du Président Sall connaîtront-ils le même sort ?

 

Des scandales à éventer

 

La preuve, c’est avec la Centif, sur la base de l’exécution de 2 décisions rendues par le Tribunal régional de Dakar, que le recouvrement de la somme de 678.060.184 Cfa, qui a été détournée, a été rendu possible. Un autre recouvrement sur la base de cette même décision a permis la mutation au nom de l’État, du Sénégal de deux terrains situés à Dakar d’une superficie totale de 608 m2 dont la confiscation a été ordonnée. Dans son dernier rapport de 2014, la Cour des comptes avait fait état de cas de détournement qui ne sont toujours pas élucidés. Pour que le slogan de la gestion sobre et vertueuse des deniers publics ne soit pas considéré comme du bluff ou agité à des fins populistes, les rapports doivent être suivis d’effets. La plupart des rapports décèlent des faits qui peuvent donner lieu à des poursuites.

Si le Sénégal a une ferme volonté de combattre la dilapidation des ressources publiques et le blanchiment de capitaux, il doit favoriser la transmission de tous les rapports des corps de contrôle à la justice. 

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