Macky Sall dicte son agenda : Le dealogue démarre le 30 mai

Le dialogue national va démarrer le 30 mai prochain, quelques semaines après l’appel solennel que le président de la République a lancé le jour de la korité. Ledit dialogue s’étendra sur une période de quinze jours pendant lesquels plusieurs acteurs politiques et de la société civile se réuniront pour échanger.

Ce processus intervient dans un climat lourd d’incertitudes. De nombreuses formations politiques de l’opposition, et pas des moindres, ont pris l’option de ne pas y prendre part. Cela compromet d’emblée l’inclusivité recherchée dans ce genre d’exercice où une démarche consensuelle et apaisée devrait prévaloir, afin que les conclusions qui en découleront soient acceptées par tous, avec des termes de références prenant  en compte, in fine, l’intérêt supérieur de la Nation sénégalaise et non de petits intérêts particuliers.

Si un pan significatif de l’opposition a décidé d’appliquer la politique de la chaise vide, c’est qu’elle estime que le président de la République fait dans le clair-obscur. De là, découlent d’ailleurs des étincelles au niveau de la coalition Yewwi Askan Wi dont est membre l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall. Ce dernier, comme les membres du Parti démocratique sénégalais, entre autres, a décidé de répondre favorablement à la main tendue par le chef de l’État, espérant pouvoir ainsi retrouver son éligibilité perdue.

Ses camarades Ousmane Sonko, Déthié Fall, Maïmouna Bousso, Aïda Mbodji, Cheikh Ahmed Tidiane Youm ou encore Malick Gakou disent “niet” au dialogue. Il en va de même en ce qui concerne le mouvement Gueum Sa Bopp de Bougane Guèye Dany qui estime que ceux qui acceptent d’aller dialoguer sont ceux qui sont avec Macky Sall. En un mot comme en mille, le dialogue politique divise d’ores et déjà la classe politique. Quoi qu’il en soit, le président de la République a tranché et fixé son agenda. L’on en saura bientôt plus sur les termes de référence du dialogue qui pourrait en toute logique porter sur des questions comme le parrainage, le fichier électoral ou encore sur des problématiques liées au développement du Sénégal. Il y aura en toile de fond, cependant, des questions latentes liées notamment à la participation de certains candidats à la prochaine élection présidentielle.

Macky Sall entretient le flou en ce qui le concerne, Karim Wade et Khalifa Sall pourraient en profiter pour se remettre en selle, Idrissa Seck qui s’entendait comme «mbourou ak soow» avec Macky Sall apportera son grain de sel. Sans compter des considérations sous-jacentes que ne manqueront de mettre sur la table pour que le dialogue leur soit profitable. Une chose est déjà sûre, les conclusions pourraient être frappées d’une certaine illégitimité. Tout dépendra, en définitive, des décisions qui seront validées par les participants et de l’accueil que réserveront à ces décisions les acteurs politiques qui n’auront pas pris part aux conciliabules qui démarrent le 30 mai prochain. À l’issue du dialogue, le peuple donnera également son  avis, d’une manière ou d’une autre,  n’en doutons point.

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