Tous les 15 jours, retrouvez “Fair Play” sur votre site Actunet. “Fair Play” est un plateau de Mame Mbaye Ndiaye, qui place sous les projecteurs toutes personnalités interpellées par l’actualité du moment.
Portrait du Capitaine d’Équipe au Onze national- Omar Blondin Diop
OMAR BLONDIN DIOP…
Aîné frère d’une Fratrie
Omar Blondin Diop est né le 18 septembre 1946 à Niamey au Niger. Fils aîné de la fratrie des onze à douze garçons dont le père, Ibrahima Blondin Diop, médecin de son état, et la mère, Adama Ndiaye, sage –femme de son état et sœur jumelle à Awa Ndiaye, sage femme également résidente à Bamako, sont tous trois originaires de Saint Louis du Sénégal. Le père est natif de Toukoto (Kita, République du Mali, ex Soudan français) et les mères sont nées à Siguiri (Guinée actuelle).
Aux termes d’études primaires et secondaires (Lycée Van Vollenhoven, actuel Lamine Guèye, Lycée Montaigne et Louis Le Grand à Paris), Omar est le premier Sénégalais reçu au concours d’entrée à l’École Normale Supérieure de Saint Cloud en 1967.
Élève-professeur en philosophie et sociologie à l’Université de Nanterre, il participe activement sur la ligne de front aux évènements, soulèvement populaire de la jeunesse et de la classe ouvrière, françaises, en Mai 1968 à Paris. En tant que membre fondateur de plusieurs groupes de réflexion dont le Mouvement du 22 Mars, il sera fiché et filé par la police française, puis frappé d’une mesure d’expulsion du territoire français en même temps que son camarade Franco Allemand, eurodéputé écolo actuel, Daniel Cohn-Bendit. Rentré chez lui au Sénégal, il œuvrera tout autant activement dans l’espace universitaire contre les coopérants français du corps enseignant et assistera efficacement le professeur Cheikh Anta Diop dans la constitution du Laboratoire Carbone 14 de l’Ifan où il était reçu stagiaire auprès du Professeur.
De retour à Paris en 1970, il poursuit la préparation de son agrégation à Saint Cloud, suite à la levée de la mesure d’expulsion par le Président Georges Pompidou, sur la demande formulée par Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, Khalife général des Tidianes et exprimée au Président Senghor, ami de Georges Pompidou, président français. Il obtînt gain de cause. Mais cette préparation est interrompue par l’arrestation de ses frères, membres du groupe des incendiaires, dont Lopy (Mahomet) et Pape (Dialo), encore mineurs à l’époque. Motif : ils avaient tenté de saboter le cortège du Président Georges Pompidou, en visite au Sénégal en janvier 1971 et avaient incendié le centre culturel français (Actuel institut Léopold Sédar Senghor). Deux sentiments anti français bien exprimés par ce groupe dont les animateurs seront condamnés à de lourdes peines notamment deux travaux forcés à perpétuité. Le Tribunal spécial, ancêtre de la Cour de Sûreté de l’État, avait décidé ensuite de déporter les condamnés au Centre plénipotentiaire spécial de Kédougou, au Sénégal oriental. Indigné et choqué par la sévérité et la disproportion de ce verdict, Omar réunit quelques amis dont Alioune Sall dit Paloma et Samba Bathily, et ensemble ils décident de suspendre leurs études supérieures et de rentrer au Pays afin d’œuvrer à la libération des peuples et de leurs camarades emprisonnés.
Arrivés à Bamako, après un long périple d’entraînement et de conditionnement, à travers plusieurs pays traversés dont la Turquie, l’Érythrée, la Palestine, la Syrie, la Libye, l’Algérie, la Guinée Conakry, ils ne réussiront pas à regagner Dakar. Ils seront en effet arrêtés et placés en garde à vue par les autorités militaires maliennes du Cmln, sous la direction de Tiécoro Bagayogo, directeur de la Sûreté nationale. Sur la demande du Président sénégalais, Senghor, à l’occasion de sa visite officielle en novembre 1971 à Bamako, le Président Moussa Traoré affréter un avion par vol spécial pour les extrader pieds et poings liés sur Dakar, le mois suivant (décembre 1971).
Arrêtés et réceptionnés, Omar et Paloma seront jugés et condamnés à trois ans de prison ferme par le même Tribunal spécial, le 22 Mars 1972, les autres inculpés bénéficiant de sursis.
Plus tard, en cellule, victime de sévices et du comportement négrier de ses gardes pénitentiaires, Omar Blondin Diop trouvera la mort dans des circonstances mystérieuses jusque là jamais élucidées, dans la nuit du 10 au 11 mai 1973. Sur l’île de Gorée, dans la sinistre prison disciplinaire devenue aujourd’hui Musée préhistorique et où trône son portrait parmi les grandes figures de l’histoire contemporaine de l’Afrique noire.
Suite à son décès dont le certificat de genre de mort reste problématique pour l’État sénégalais, 44 ans après, le Ministre de l’Intérieur de l’époque, en la personne de Jean Collin, avait dans un premier temps refusé de rendre le corps à sa famille. Puis dans la précipitation, en présence d’un de ses frères et de voisins de la Médina, il sera inhumé au cimetière Abattoir de Soumbèdioune. L’autopsie qui avait été réclamée par son père docteur, et réalisée en sa présence n’a pas été concluante pour justifier de la version officielle du suicide donnée par le Gouvernement sénégalais.
Jusqu’à présent la controverse publique qui a d’emblée opposé sa famille au gouvernement sénégalais portant sur les circonstances de sa mort, perdure et s’amplifie depuis 4 ans, à l’occasion de la célébration des 40 ans de sa disparition. Son frère, le docteur Dialo Diop, mandataire de la famille, a déjà saisi officiellement les autorités compétentes pour une réouverture de l’enquête judiciaire par une police scientifique agréée. Depuis, aussi, ils attendent la réponse de l’État à requête officielle.
EN conclusion, la courte vie de ce digne fils d’Afrique, Sankara avant l’heure, plus radical que Nelson Mandela, Che Guevara dans le tempérament et plus qu’un Jean Paul Sartre et un Albert Camus réunis dans sa tête, a été riche et diverse. En témoigne son goût pour le Cinéma avec sa participation de La Chinoise de Jean Luc Godard, cinéaste français ; son goût pour la musique Jazz des Black Panthers et les sonorités afro cubaines d’Amériques, son goût pour d’autres civilisations sur lesquelles il est resté très ouvert. C’est ainsi qu’Omar a beaucoup lu, peu écrit, fait un deux films, a vu du pays en traversant maintes contrées et s’est fait plein d’amis partout dans le monde.
La trajectoire exemplaire de cet homme est faite d’ardeur à l’étude, d’ouverture d’esprit, de détermination pour l’essence de l’être, et d’abnégation dans la lutte de libération. Une telle simplicité ne se retrouvera plus tard qu’en Thomas Sankara, son cadet de trois ans (né le 21 décembre 1949). Avec un désintéressement prononcé dans les relations humaines, et surtout une honnêteté intellectuelle fort scrupuleuse qui allie sens de la générosité humaine et don de soi sans bornes. Né de parents sénégalais au Niger, à la fois Soudanais et Sénégalais, Nigérien et Guinéen, parlant couramment le bambara et le wolof, le français et l’anglais, l’allemand et l’arabe, Omar demeure le parachèvement de tout sentiment d’inachèvement perpétuel. Mais aussi, la source abondante d’une inspiration féconde pour la jeunesse insatiable de savoir. Une source inépuisable de praxis pour la Jeunesse africaine, présentement sur la brèche, à la recherche de modèles pour trouver par elle-même les réponses à ses questions légitimes face à l’échec des politiques sociales et néocoloniales des régimes en place qui semble-t-il, ne lui offrent aucune perspective crédible.
La reconnaissance des vertus salvatrices est une exigence des temps présents. Puisse ce portrait, reflet d’une existence qui a été brève comme une étoile filante, faisant beaucoup parler d’elle, laissant des traces sur les destinées individuelles, et passant rapidement comme presque de façon inaperçue et allant choir au fond de l’immensité de sa destinée à enfant prédestiné qui a traversé ce siècle en météorite. L’unité d’action dans sa lutte pour le panafricanisme, la praxis qu’il développait par sa pensée fédératrice d’énergies créatrices, ont fait parler de lui au-delà des frontières factices qui nous insèrent peuples et communautés de Nations francophones, anglophones et lusophones, qui sont partagés entre les musulmans, les chrétiens et les traditionnalistes. On ne doit pas accepter au sein de la nouvelle citoyenneté Cedeao, que les puissances étrangères dépècent le continent sous nos yeux en nous séparant en des micros États qu’ils soutiennent et renforcent en permanence, sans possibilité de leur rendre leur autonomie . C’est en cela que consistait le combat d’Omar Blondin Diop, pour qui «La Révolution n’a pas besoin de Chef suprême». Même si un seul nous suffit comme le diraient d’autres confessions, Omar était un roi qui marchait pieds nus sur les chemins de la connaissance. Il n’a laissé ni livre, ni épouse, ni enfant à l’âge de sa disparition. Il est reparti comme il était venu un jour du 18 septembre 1946. Frou! Comme l’oiseau migrateur.
Le glaive de la justice, une fois qu’il l’a quitté ne connaît plus de fourreau…
“Aya Nakamura infidèle et au lit” : son ex Vladimir Boudnikoff dévoile sa vie intime sur Instagram
Accusés de violences par conjoint avec incapacité temporaire de travail de moins de huit jours”, ils ont finalement été condamnés à verser 10 000 euros et 5 000 euros d’amendes respectivement. Si depuis tout semblait être apaisé entre les deux parties, de nouvelles révélations choquantes ont remis de l’huile sur le feu.
L’ex-compagnon de la chanteuse a choisi de régler ses comptes en public, dévoilant sur Instagram une prétendue liste des hommes qui auraient partagé la vie privée de l’artiste.
Accusations chocs, révélations intimes et règlements de comptes par réseaux sociaux : le couple qui avait déjà défrayé la chronique pour ses disputes violentes se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs, cette fois dans un climat de scandale et de règlements personnels.
Veille sanitaire : deux cas de dengue enregistrés au district de Kasnack
Le district sanitaire de Kasnack est en veille avec la découverte de deux cas de dengue. Selon le chef de la brigade régionale de l’hygiène de Kaolack, le capitaine Bouh Touré, tous les acteurs sanitaires sont mobilisés pour sensibiliser la population.
Deux cas de dengue ont été enregistrés dans le district sanitaire de Kasnack, indique le chef de la brigade régionale de l’hygiène de cette ville. Dans un entretien accordé au Soleil, le lundi 25 août dernier, le capitaine Bouh Touré a indiqué que tous les acteurs de la santé de la région sont en alerte, « en veille pour lutter contre ces maladies liées à l’hivernage, notamment à la stagnation des eaux », rappelant que notre pays a déjà enregistré un cas de Mpox.
Selon lui, tous les agents de la brigade régionale de l’hygiène sont déployés sur le terrain pour des séances de sensibilisation dans les domiciles. Pour cela, 25 relais ont été recrutés pour des visites à domicile et des séances de sensibilisation contre la maladie. Selon le capitaine Bouh Touré, la dengue est une maladie liée à un vecteur appelé « Aedesaegypti » qui se développe facilement dans des endroits humides et des flaques d’eau. L’intervention du service d’hygiène consiste, dit-il, « à détruire le milieu écologique de ces vecteurs, de ces insectes à travers des opérations techniques de désinsectisation et des séances de délarvation dans les quartiers et dans les endroits humides ». Il a appelé les populations à ne pas laisser leurs animaux divaguer dans les endroits désinfectés pour leur éviter de boire cette eau impropre à la consommation.
À défaut, dit-il, « cela risque de créer un problème de santé publique ». C’est pourquoi, a assuré M. Touré, des visites à domicile et des séances de sensibilisation ont été effectuées dans les quartiers de Kasnack et de Abattoir où les cas de dengue ont été enregistrés. Il est convaincu qu’« il y a des maladies évitables ». Par ailleurs, la brigade régionale de l’hygiène de Kaolack a entamé, depuis le 21 août dernier, les opérations techniques de la couverture sanitaire du « gamou », notamment la désinfection et la désinsectisation intradomiciliaires, de saupoudrage ou fumigation ou nébulisation de grande envergure des sites d’hébergement et des lieux de culte.
À dix jours du « gamou » (l’entretien réalisé le lundi 25 août), elle a désinfecté 70 domiciles. L’année dernière, a précisé le capitaine Bouh Touré, plus de 2000 maisons ont été touchées. Cette année, elle mise sur le double de ce nombre. La brigade a mobilisé 50 agents, dont cinq sous-officiers, des agents de proximité (Asp), etc., ainsi que des moyens logistiques conséquents. Il a magnifié l’appui de la municipalité de Kaolack et de bonnes volontés de la région.
Mbour : Il vole sa propre mère pour financer son pèlerinage à Touba
Le 11 août dernier, profitant de l’absence de sa mère partie à Touba pour les célébrations religieuses, l’individu a forcé la porte de sa chambre et lui a dérobé plusieurs biens : un lit, un ventilateur, une bonbonne de gaz et un poste téléviseur. Il a ensuite revendu le tout à des voisins à des prix dérisoires entre 3 000 et 20 000 FCFA pour se constituer une maigre cagnotte et prendre la route de Touba.
À son retour, le 16 août, sa mère a découvert le cambriolage et a porté plainte au commissariat de Diameguène. L’enquête a rapidement mis en lumière la culpabilité de son fils. Les receleurs, également interpellés, ont écopé de trois mois de prison avec sursis.
Lors de son procès, Serigne Mbacké W. a tenté de justifier son geste en invoquant l’ivresse, une argumentation rejetée par le tribunal. Une affaire qui illustre, de manière tragique, jusqu’où peut conduire la détermination à participer à un événement religieux — fût-ce au mépris des valeurs familiales et morales.
Élection FSF – Recours : Mauvaise nouvelle pour Mady Touré
Réunie, mercredi 27 août 2025, la Commission de Recours en Matière Électorale de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a rendu son verdict après avoir été saisie par Mady Touré, candidat malheureux à la présidence de la Fédération sénégalaise de football (FSF).
À l’issue de cette rencontre, la Commission de Recours en Matière Électorale de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a déclaré irrecevable le recours de Mady TOURÉ, contestant le scrutin du 2 août dernier, souligne une note de ladite commision publiée, ce vendredi 29 août 2025 précise gfm .
M. TOURÉ demandait l’annulation du scrutin, la sanction de membres de la fédération soupçonnés de corruption et l’organisation de nouvelles élections. Il avait produit enregistrements audio, vidéo et actes extra-judiciaires.
Après examen, la commission a jugé que sa compétence se limite aux contestations liées à l’inscription des candidats sur les listes électorales. Et de préciser que les irrégularités alléguées dans le déroulement du vote et le dépouillement ne relevaient donc pas de son champ d’action.
Conclusion : le recours introduit par Mady TOURÉ par ailleurs président de Génération FOOT, a été déclaré irrecevable et les résultats de l’élection du 2 août 2025 demeurent définitifs.
Pour rappel, dans son Procès Verbal (PV), la commission électorale a confirmé la vctoire d’Abdoulaye FALL au second tour, devant Mady TOURÉ qui avait dénoncé des pratiques frauduleuses avant de se retirer. Sur 368 suffrages exprimés dont 16 nuls, M. FALL a obtenu 322 voix et M. TOURÉ 30.
Amidou Djiba déféré au parquet : Les révélations du porte-parole du MFDC face aux enquêteurs
Une semaine après son arrestation par la Section de recherches de Ziguinchor, Amidou Djiba, porte-parole de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC)/Mangoukouro, a été déféré jeudi devant le tribunal de grande instance hors classe de Dakar.
Selon des sources judiciaires, il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État, après ses déclarations publiques réclamant l’indépendance de la Casamance. Le procureur devrait solliciter l’ouverture d’une information judiciaire en vue de son inculpation.
Lors de son audition, Djiba a reconnu être l’auteur des propos contenus dans plusieurs vidéos examinées par les enquêteurs, confirmant son appartenance au MFDC/Mangoukouro dont il assume le rôle de porte-parole.
Interpellé le 20 août dernier dans un village de la Casamance, Amidou Djiba a été arrêté sans incident par la Section de recherches de Ziguinchor avec l’appui des unités d’élite de la gendarmerie nationale, avant d’être transféré à Dakar.
Une perquisition menée à son domicile, situé à la sortie de Ziguinchor en direction de Boutoute, a permis la saisie de téléphones et d’objets liés au MFDC. Aucune arme ni munition n’y a toutefois été découverte.
Le mariage entre Bombardier et la fille de Khadim Ndiaye annoncé
Le lutteur Bombardier va-t-il épouser la fille de l’ancien lutteur Khadim Ndiaye ?
C’est la question que tout le monde se pose. En effet, la fille de ce dernier a elle-même publié sur son compte qu’elle allait se marier avec le lutteur Bombardier le 25 septembre 2025, accompagnant son annonce d’une affiche avec sa photo et celle du champion.
Une affaire à suivre
Dernière minute : Fallou Fall annule toutes ses apparitions médiatiques
Récemment sorti de prison, Fallou Fall devait normalement participer à plusieurs émissions pour revenir sur son incarcération, sa mésaventure et surtout sur la fausse accusation de viol dont il a été victime, accusation qui avait conduit à son emprisonnement avant qu’il ne soit finalement blanchi.
Depuis la publication de l’affiche de l’émission Confrontation animée par Bijoux Ngoné sur la 2STV, de nombreux internautes lui ont conseillé de ne pas y participer. Suivant ces recommandations, il a finalement décliné toutes les invitations des médias.
Nucléaire iranien: Pékin et Moscou irrités par l’activation du mécanisme de sanctions contre Téhéran
La réaction de Pékin et de Moscou est sans ambiguïté. Pour la diplomatie chinoise, l’initiative européenne visant à réactiver des sanctions contre l’Iran risque d’aggraver la crise. « Ce n’est pas constructif », a déclaré Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Selon lui, le dossier nucléaire iranien se trouve « à un tournant », et le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies devrait être de « favoriser la reprise du dialogue » plutôt que de « créer une nouvelle confrontation ». La Chine redoute tout risque de tension supplémentaire au Proche et Moyen-Orient.
Mise en garde de Moscou
À Moscou, après les prises de position des ambassadeurs russes à Vienne, là où a été signé il y a dix ans l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA, pour Plan d’action global conjoint), dans un communiqué rendu public ce vendredi matin, le ministère des Affaires étrangères met en garde contre des « conséquences irréparables » en cas de nouvelles sanctions internationales contre l’Iran. Une mise en garde qui sonne comme le prélude d’un bras de fer qui s’annonce intense. Le communiqué est particulièrement long, argumenté et aussi véhément : « Nous les appelons avec insistance à retrouver la raison et à réviser leurs décisions erronées avant que celles-ci n’aboutissent à des conséquences irréparables et une nouvelle tragédie ».
Lors des frappes israéliennes de juin dernier sur l’Iran – à propos desquelles Téhéran avait reconnu des dégâts sur ses installations nucléaires – Moscou n’avait pas soutenu militairement Téhéran. La Russie est aussi préoccupée par la prolifération nucléaire et certains observateurs soulignent eux que le rétablissement des sanctions onusiennes pourrait, en pleine guerre en Ukraine, compliquer la coopération militaire et balistique entre la Russie et l’Iran.
Des inspecteurs de l’AIEA en Iran
La république islamique a mené des discussions sur le nucléaire avec Moscou et Pékin fin juillet, parallèlement aux négociations à Genève avec les Occidentaux. De fait, plusieurs inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont « de retour en Iran » depuis cette semaine, a annoncé son chef, Rafael Grossi, qui était l’invité de RFI ce vendredi. C’est la première équipe à y retourner après la suspension, début juillet 2025, par Téhéran de sa coopération avec l’organisme onusien, à la suite de la guerre déclenchée par Israël. Mais pour Rafael Grossi, on est encore loin de la transparence nécessaire : « le retour à tous les sites inspectables est indispensable. Il n’existe pas de régime d’inspection ‘à la carte’ », martelait Rafael Grossi sur notre antenne.
Berlin, Londres et Paris (E3) ont activé hier, jeudi, le mécanisme dit snapback, une procédure inscrite dans l’accord de 2015, censée à faire pression sur l’Iran par des menaces de sanctions pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire. Une initiative « politique », déclarait sur notre antenne Rafael Grossi. Téhéran est accusé par l’Agence internationale de l’énergie atomique d’avoir dépassé les seuils d’enrichissement d’uranium fixés par le texte. Ce mécanisme onusien ouvre une période de trente jours au terme de laquelle les sanctions pourraient être rétablies. « Nous entrons dans une nouvelle phase de 30 jours (…) que nous devons vraiment utiliser pour trouver des solutions diplomatiques » déclarait ce vendredi matin la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avant une réunion des ministres à Copenhague.
La demande de sanctions doit être examinée vendredi par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Dette mondiale : l’alerte de l’OCDE
Dans son rapport sur la dette mondiale 2025, l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (Ocde) tire la sonnette d’alarme : États et entreprises ont emprunté 25.000 milliards de dollars en 2024, un niveau inédit, car près de trois fois supérieur à celui de 2007. L’encours global de la dette publique et privée dépasse désormais 100.000 milliards de dollars.
La dette mondiale atteint des niveaux sans précédent et expose les économies à des risques de refinancement majeurs, alerte l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (Ocde) dans son dernier rapport sur la dette mondiale 2025. Les émissions obligataires souveraines et privées devraient atteindre 25.000 milliards de dollars en 2025, contre 16.000 milliards en 2024. Le ratio dette/Pib des pays de l’Ocde grimperait de 84 % en 2024 à 85 % en 2025, soit plus de 10 points de plus qu’en 2019. Cette progression s’explique par la combinaison de déficits persistants, de charges d’intérêts en hausse et d’une croissance nominale ralentie.
Près de 45 % de la dette souveraine de l’Ocde arriveront à échéance d’ici à 2027, dont 60 % ont été émis avant la remontée des taux de 2022. Plus de 50 % de la dette souveraine des pays de l’Ocde génère, aujourd’hui, des charges d’intérêts inférieures aux rendements actuels. Son refinancement entraînera mécaniquement une hausse du service de la dette, qui représentera 3,3 % du Pib en 2024, contre 3,0 % en 2023, indique le rapport. Le défi climatique, facteur aggravant Depuis 2021, poursuit le document, les banques centrales ont réduit leurs portefeuilles d’obligations souveraines de 3.000 milliards de dollars, ramenant leur part de 29 % à 19 %. À l’inverse, celle des ménages est passée de 5 à 11 % et celle des investisseurs étrangers de 29 à 34 %. « Cette recomposition expose davantage les marchés à la volatilité des taux : une hausse de 1 % entraînerait une perte de valeur de 1.750 milliards de dollars sur les portefeuilles obligataires, contre 1.000 milliards en 2015 ».
Pour les entreprises, l’encours obligataire mondial atteint 35.000 milliards de dollars auxquels s’ajoutent 25.000 milliards de prêts syndiqués et 1.600 milliards de crédits privés. D’après le rapport de l’Ocde, un tiers de cette dette arrive à échéance d’ici à 2027. Le rapport souligne un « découplage préoccupant » entre endettement et investissement productif. Entre 2009 et 2023, les émissions obligataires des sociétés non financières ont dépassé de 12.900 milliards de dollars leur tendance d’avant 2008, sans accroissement notable de l’investissement. Or, la transition climatique exigera des capitaux colossaux : si le secteur public devait financer seul cet effort, le ratio dette/Pib bondirait de 25 points dans les économies avancées et de 41 points en Chine d’ici à 2050.
Dans les économies émergentes et en développement (hors Chine), le déficit cumulé d’investissement pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris atteindrait 10.000 milliards de dollars d’ici à 2050, précise le rapport. Si le secteur privé devait prendre le relais, le marché obligataire des entreprises énergétiques de ces pays devrait quadrupler en 10 ans. Malgré une liquidité améliorée en 2024, la volatilité des marchés reste supérieure à celle d’avant la pandémie, sous l’effet d’incertitudes géopolitiques et économiques.
L’Ocde appelle les gouvernements à faire preuve de discipline budgétaire, à cibler leurs efforts sur des projets stratégiques (infrastructures, numérique, transition bas carbone) et à réformer les réglementations pour développer les marchés financiers locaux, surtout dans les pays émergents. À défaut, prévient l’organisation, la combinaison d’une dette croissante, d’intérêts plus lourds et de besoins massifs liés au climat risque de fragiliser durablement la croissance mondiale.
AVEC LE SOLEIL
Transformation agroalimentaire : la jeunesse africaine en première ligne
La Fondation Mastercard a réuni en ligne, hier, jeudi, de jeunes agri-preneurs africains pour échanger sur les défis et les solutions liés aux systèmes alimentaires.
En prélude au Forum sur les Systèmes alimentaires en Afrique, prévu du 31 août au 5 septembre 2025, à Dakar, la Fondation Mastercard a mis en lumière de jeunes entrepreneurs qui participent activement à la transformation de l’agriculture et de l’agroalimentaire du continent. Ces jeunes agri-preneurs ont partagé, hier, jeudi 28 août, lors d’une rencontre virtuelle, leurs parcours, présenté leurs entreprises et évoqué les difficultés.
Housseynatou Diallo, fondatrice de « Baaxu Maam », entreprise spécialisée dans la valorisation des produits locaux, a insisté sur les contraintes d’approvisionnement. « Trouver des matières premières de qualité et en quantité suffisante demeure un véritable défi pour une jeune entrepreneure comme moi », explique-t-elle. Elle souligne la concurrence des produits importés, souvent moins chers et qui freinent l’écoulement des productions locales. Pour y remédier, elle appelle à une meilleure organisation des filières agricoles et un accompagnement renforcé des producteurs.
Latifa Diédhiou, directrice de « Nutritives Sarl », entreprise s’activant dans la transformation de noix de cajou cultivées en Casamance, a mis en avant la question du financement comme principal obstacle au développement. « Les banques traditionnelles offrent peu de produits adaptés aux besoins des jeunes entrepreneurs agricoles », regrette-t-elle. Pour elle, il est urgent que les institutions financières, notamment les banques agricoles, créent des mécanismes de crédit accessibles et souples. « Il faut que les États africains travaillent avec les banques pour réduire les taux d’intérêt », plaide-t-elle.
À son avis, l’autofinancement, bien que possible, ne peut suffire à soutenir une croissance durable. Youma Dème, propriétaire de « Haïfa Food », engagée dans la transformation de produits agricoles, a évoqué les difficultés liées à la distribution. Acheminer les produits jusqu’aux consommateurs reste complexe, faute d’infrastructures logistiques efficaces. « Il est difficile aussi de travailler convenablement et de faire face à la concurrence des produits importés », affirme-t-elle, préconisant un meilleur soutien à la commercialisation locale ainsi qu’une sensibilisation des consommateurs sur le consommer local.
De ces échanges ressort une conviction commune : la jeunesse africaine détient les idées, l’énergie et le savoir-faire nécessaire pour bâtir des systèmes alimentaires solides et résilients, selon la modératrice de la rencontre, Oumou Souloy. Mais, conclut-elle, pour libérer pleinement ce potentiel, un soutien accru en matière de financement, de logistique et de protection des productions locales s’avère indispensable.