Dans son message à la Nation du 31 décembre, le Président Bassirou Diomaye Faye a annoncé des réformes majeures de la Constitution et du Code électoral dès le premier trimestre de 2026. Cette perspective suscite déjà de vives inquiétudes au sein de la classe politique. Une partie de l’opposition y voit une manœuvre destinée à lever les verrous juridiques empêchant la candidature d’Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029.

Le PS appelle à une « vigilance maximale »

Contacté par L’Observateur, le porte-parole du Parti socialiste (PS), Abdoulaye Wilane, ne cache pas sa méfiance. Tout en rappelant que, depuis le Code consensuel de 1992, toute modification électorale doit résulter de concertations inclusives, il exhorte les démocrates à une « vigilance maximale ». Il s’interroge ouvertement sur les intentions réelles du pouvoir :

« Est-ce que le président de la République […] est mu par une volonté de réhabiliter X ou Y ? Veulent-ils légiférer avec leur majorité parlementaire en vue de prendre en charge l’intérêt personnel d’une personne, au mépris de l’État de droit ? »

L’APR dénonce un « truchement » constitutionnel

Même son de cloche du côté de l’Alliance pour la République (APR). Saourou Sène, interrogé par la même source, affirme avec fermeté qu’aucun Sénégalais n’acceptera une loi « sur mesure ». Selon lui, le pouvoir semble vouloir « forcer » une candidature que l’état actuel du droit rendrait invalide. Il prévient que son camp fera bloc contre tout « truchement » ou « favoritisme » constitutionnel :

« Si on cherche à tricher avec la Constitution sénégalaise pour valider une candidature, nous ferons face. »

L’exigence d’un consensus national

Au-delà des clivages, le PS et l’APR se rejoignent sur un point jugé non négociable : la nécessité d’un consensus national. Ils estiment que si le gouvernement engage des « réformes majeures qui concernent non seulement le processus électoral mais l’arsenal juridique sénégalais » sans impliquer l’ensemble des acteurs, il en assumera seul la responsabilité devant l’histoire. Pour ces partis, seules des réformes visant à renforcer la démocratie et les libertés fondamentales pourront être acceptées par le peuple.

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