L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye tire la sonnette d’alarme sur la trajectoire financière du Sénégal. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, il estime que le pays pourrait connaître un défaut de paiement dès le premier trimestre 2026 si aucune restructuration radicale n’est engagée. Selon lui, le mois de mars 2026 constituera le moment le plus critique, avec un service de la dette atteignant 747 milliards de francs CFA, un niveau qui dépasse largement

Avec une dette publique évaluée à 132 % du PIB par le FMI et un besoin de refinancement de 6 075 milliards FCFA pour l’année 2026, la situation est décrite comme un véritable stress financier aiguë. L’échec de l’accord avec le FMI en novembre dernier a refroidi les investisseurs, provoquant un krach sur les Eurobonds sénégalais, désormais négociés avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Pour Seydina Alioune Ndiaye, « la restructuration n’est plus un choix politique, mais une nécessité de survie économique » précise t-il sur gfm .

L’économiste souligne que les recettes fiscales mensuelles ne dépassent pas en moyenne 350 milliards FCFA, et que le 13 mars 2026, date du remboursement d’un Eurobond de 219 milliards FCFA, représentera un véritable test pour les finances publiques. « L’arithmétique est implacable », avertit-il, ajoutant que les prévisions de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA paraissent désormais « hautement irréalistes ».

Pour éviter un scénario similaire à l’effondrement du Liban en 2020, Seydina Alioune Ndiaye propose une feuille de route ambitieuse mais réalisable. Il recommande notamment :

La restructuration de la dette commerciale d’environ 10 000 milliards FCFA, avec une réduction de la valeur nominale de 50 à 60 % et un allongement des délais de remboursement.
La transformation de la dette bancaire en obligations à très long terme avec des taux réduits, pour préserver la capacité de financement de l’économie locale.
La conclusion urgente d’un nouveau programme de 2 à 3 milliards de dollars auprès des partenaires internationaux, dont le Club de Paris et la Chine, pour coordonner les allègements de dette.
L’expert anticipe néanmoins une issue positive si ces mesures sont appliquées rapidement. « Une restructuration réussie permettrait de ramener les taux d’intérêt de 8,47 % à environ 6 %, générant une économie annuelle de 250 milliards FCFA », assure-t-il. Selon lui, cela donnerait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser son économie et préparer l’exploitation optimale du pétrole et du gaz, piliers d’une croissance future durable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *