Une vaste filière clandestine de production et de diffusion de vidéos pornographiques dites « locales », opérant sous l’appellation « Made in Senegal », a été démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar à l’issue d’une enquête de longue haleine marquée par une opération d’infiltration.
Selon Libération, qui révèle les contours de cette affaire, six personnes ont été interpellées puis déférées mardi devant le parquet de Pikine-Guédiawaye. Parmi elles figurent Modou Seck, présenté comme commerçant et identifié comme le principal recruteur du réseau, Ibrahima Diop (30 ans), monteur-photographe, Mariama Ka (36 ans), commerçante domiciliée à Thiaroye, ainsi que deux ressortissantes étrangère, l’une nigériane et l’autre congolaise. Un sixième mis en cause a également été arrêté dans le cadre de la procédure.
Les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs, proxénétisme, collecte et diffusion d’images à caractère personnel, mais aussi pour menaces, chantage, mise en danger de la vie d’autrui et défaut de carnet sanitaire, précise le journal.
L’enquête a permis d’établir que Modou Seck entretenait des liens avec deux administrateurs de sites pornographiques basés en Europe, opérant sous pseudonymes. Ces derniers géraient notamment des plateformes déjà signalées aux autorités et précédemment ciblées par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) dans un dossier connexe.
Le fonctionnement du réseau reposait sur une organisation structurée : les administrateurs étrangers assuraient le financement des productions, tandis que Modou Seck se chargeait du recrutement des participants, essentiellement issus de milieux vulnérables. Les tournages et le montage étaient assurés par Ibrahima Diop, dans des appartements meublés loués pour l’occasion.
Le recrutement se faisait principalement via les réseaux sociaux, notamment Instagram, où des intermédiaires approchaient de potentielles recrues attirées par la promesse de rémunérations.
L’affaire a éclaté à la suite d’un signalement concernant la diffusion de vidéos intimes sénégalaises sur des plateformes spécialisées. Les gendarmes ont alors mené une opération d’infiltration, permettant l’arrestation initiale de Modou Seck.
L’exploitation de son téléphone portable a conduit à la découverte de plus d’une centaine de vidéos, mettant en scène des acteurs de différentes nationalités. Les investigations ont également permis de saisir du matériel de tournage lors des perquisitions.
Face aux enquêteurs, Modou Seck a reconnu avoir tiré d’importants profits financiers de ces activités. Sa collaboration a facilité l’interpellation progressive des autres membres du réseau.
L’enquête se poursuit, plusieurs acteurs et recruteurs identifiés restant activement recherchés, laissant présager de nouveaux développements judiciaires.
