Un nouveau malaise est apparu au sein de la mouvance présidentielle. Mohamed Mbow, membre de la coalition « Diomaye-Président », a été révoqué de ses fonctions au ministère de la Fonction publique, une décision qui alimente les débats sur les rapports internes à la majorité au pouvoir.
Par décision du ministre Amadou Moustapha Dieck Sarré, Mohamed Mbow a été démis de ses fonctions de chef du Bureau de suivi du Secrétariat général et de conseiller technique de département. Dans une contribution rendue publique ce mardi, l’intéressé affirme que cette mesure administrative serait liée à ses prises de position politiques, et non à une quelconque faute professionnelle.
Psychologue conseiller, président de l’ADR et membre de la Conférence des leaders de la coalition Diomaye-Président, Mohamed Mbow soutient que la décision ferait suite à deux publications sur les réseaux sociaux exprimant ses opinions personnelles et son engagement politique, qu’il décrit comme public et exercé en dehors de ses fonctions administratives.
Selon lui, ces publications concernaient, d’une part, une appréciation positive d’Aminata Touré à la suite d’un discours prononcé en anglais lors d’une rencontre internationale et, d’autre part, une réaction critique à une déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, selon laquelle « un fonctionnaire qui distribue de l’argent est un voleur ». Mohamed Mbow évoque à ce sujet un don récemment effectué par le chef du gouvernement à une localité lors d’une célébration.
Dans sa déclaration, l’ancien responsable administratif invoque le respect des droits politiques et syndicaux, qu’il rappelle être garantis par la Constitution. Il estime que la divergence d’opinions ou l’appartenance politique ne saurait constituer un motif de sanction administrative à l’encontre d’un fonctionnaire.
Tout en dénonçant ce qu’il considère comme un abus de pouvoir, Mohamed Mbow précise que la situation actuelle ne peut être assimilée aux persécutions politiques observées sous des régimes précédents. Il appelle néanmoins à la vigilance, estimant que la « rupture » prônée par les nouvelles autorités doit se traduire par une administration fondée sur la neutralité, la tolérance démocratique et le respect des libertés fondamentales.
Il conclut en réaffirmant son engagement à la fois comme agent de l’État et comme citoyen engagé, indiquant qu’il continuera à assumer ses convictions dans le respect de la légalité et de ses obligations professionnelles.
