Invité d’une émission sur Public SN, il a livré une analyse critique des relations entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, fondateur et leader du parti Pastef, allant jusqu’à prédire une séparation politique imminente.

Selon Madiambal Diagne, le chef de l’État aurait initialement laissé toute latitude à Ousmane Sonko pour structurer l’action politique. « Diomaye était prêt à laisser Sonko dérouler. J’en veux pour preuve le fait que Sonko ait choisi d’aller aux législatives sous la bannière exclusive de Pastef », affirme-t-il, avant d’estimer que des ambitions concurrentes seraient apparues par la suite.

Le journaliste rappelle également que lors de la présidentielle de 2024, Pastef, alors dissous, n’avait pas fourni ses parrainages à Bassirou Diomaye Faye, candidat sous la coalition Diomaye Président, du fait de l’inéligibilité d’Ousmane Sonko. Il souligne par ailleurs que l’ancien candidat Amadou Ba (ex-Pastef dissous) avait dû solliciter des parrainages auprès d’Aly Ngouille Ndiaye, concluant que « Pastef n’a pas plus de légitimité que Diomaye Président ».

Madiambal Diagne voit un signal politique fort dans la nomination, en novembre 2025, d’Aminata “Mimi” Touré, ancienne Première ministre, à la tête de la restructuration de la coalition Diomaye Président, en remplacement d’Aïda Mbodj, réputée proche de Sonko. Cette décision avait suscité une vive réaction de Pastef, qui l’avait désavouée par communiqué et proposé la création d’une nouvelle entité, l’APTE (Alliance patriotique pour le travail et l’éthique). Selon Diagne, « des membres du gouvernement étaient prêts à se déclarer membres de Diomaye Président ».

Vers une recomposition politique

Anticipant une recomposition du paysage politique, le journaliste estime que Bassirou Diomaye Faye finira par créer sa propre formation politique afin de se démarquer de Pastef. « Il ne va pas prendre le risque de laisser Sonko dans l’opposition tout en conservant le contrôle d’une Assemblée nationale dominée par Pastef avec plus de 130 députés », avance-t-il, en référence à la majorité obtenue par le parti aux législatives anticipées de novembre 2024.

Madiambal Diagne juge par ailleurs peu probable que les cadres de Pastef actuellement intégrés à l’appareil d’État ministres, directeurs généraux ou présidents de conseils d’administration abandonnent leurs fonctions pour suivre Ousmane Sonko en cas de rupture. « Plus la séparation intervient tôt, mieux ce sera pour Diomaye, afin de récupérer des pans de Pastef. À moins de six mois d’une présidentielle, beaucoup choisiraient Sonko, mais à moins de trois ans, je ne pense pas que les gens quitteront leurs privilèges pour le suivre », conclut-il.

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