Le visage des transports sénégalais change, et avec lui, les besoins en compétences. Hier, en présence des acteurs majeurs du secteur (Seter/Ter et Brt), s’est tenue la cérémonie de lancement du projet «Urban Skills». Ce programme ne se contente pas d’accompagner la mue infrastructurelle du pays ; il s’attaque au défi de l’adéquation formation-emploi dans un secteur en pleine explosion , rapporte le quotidien .

Une expertise technique pour 7 à 8 nouvelles lignes de transport
Le projet «Urban Skills» s’inscrit dans une vision globale prévoyant l’extension du réseau de transport collectif national à travers sept ou huit nouvelles lignes. Pour faire rouler cette ambition, le besoin en main-d’œuvre qualifiée est immense.

Les 600 bénéficiaires seront formés par l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (Isep) de Thiès. Selon le Pr Mohamed Fadel Niang, directeur de l’institut et coordonnateur du réseau des Isep, le programme sera structuré en deux grandes cohortes de 300 jeunes par an. Les domaines de formation couvrent tout le spectre de la mobilité moderne : électrification et maintenance des équipements de pointe, digitalisation et systèmes de signalisation, conduite spécialisée de véhicules de transport de masse.

L’insertion au cœur de la stratégie
«L’idée, c’est de former pour insérer», a martelé Madame Ouidad Tabbaa, directrice de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf). Cette vision est partagée par l’Agence nationale de promotion de l’emploi des jeunes (Anpej), centrale dans le dispositif.

La Directrice générale de l’Anpej, Sina Amadou Guèye, a précisé que l’agence interviendra sur trois axes stratégiques : la sensibilisation, la formation en soft skills (compétences comportementales) et l’accompagnement vers l’emploi. Des campagnes de sensibilisation ont déjà touché 300 jeunes à Fatick, Thiès et Diourbel, et l’objectif est d’étendre cette dynamique à l’ensemble du territoire national.

Le projet bénéficie également de l’expertise opérationnelle des grands opérateurs. Charles Civreis, Directeur général de la Seter, s’est engagé à mettre à contribution ses managers pour transmettre leur savoir-faire. «Ce sont des experts formés qui vont à leur tour former les futurs ouvriers et employés du secteur», a-t-il souligné, garantissant ainsi un transfert de compétences de haut niveau.

Un succès populaire : 3000 candidatures pour 150 places
L’engouement pour «Urban Skills» est déjà manifeste. Pour la première cohorte de 150 apprenants, plus de 3000 dossiers ont été reçus. La sélection s’est faite sur des critères rigoureux : un quota de 40% est réservé aux femmes, une intégration de personnes vivant avec un handicap et respect de l’équilibre géographique (14 régions).

A terme, les diplômés recevront des certificats de compétences professionnelles, de véritables passeports pour l’emploi dans un secteur qui constitue désormais l’un des principaux poumons économiques du Sénégal. Avec «Urban Skills», le pays ne se contente plus de transporter des passagers ; il transporte toute une génération vers les métiers de l’avenir.

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