Ce qui s’est produit lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations dépasse largement le cadre d’un simple match de football. Les événements controversés, les décisions arbitrales contestées et l’atmosphère lourde de soupçons ont une nouvelle fois mis en lumière les dérives qui gangrènent le football africain : arrangements en coulisses, pressions invisibles et sentiment d’injustice devenu presque banal.

Dans ce contexte troublé, l’attitude de l’équipe nationale du Sénégal a résonné comme un acte fort, rare et profondément symbolique. En quittant la pelouse, les joueurs sénégalais n’ont pas seulement protesté contre une décision ou une situation précise : ils ont incarné la voix silencieuse de toute une Afrique sportive lassée du favoritisme, de la corruption et du mépris du fair-play.

Ce geste, loin d’être un simple mouvement d’humeur, constitue l’une des formes les plus puissantes de rejet de l’injustice. Là où les discours officiels se contentent souvent de mots creux, les Lions de la Teranga ont choisi l’action, assumant le risque et le coût d’une telle position. Ils ont rappelé que le football, avant d’être un spectacle ou un enjeu financier, reste un espace de valeurs, de dignité et de respect.

Le Sénégal n’a pas seulement défendu ses couleurs nationales. Il a défendu l’honneur du football africain tout entier. Dans un continent où les supporters ressentent trop souvent que les résultats se décident ailleurs que sur le terrain, ce geste a été perçu comme un sursaut de fierté collective, un refus clair de normaliser l’inacceptable.

Aujourd’hui, l’histoire retiendra que, dans un moment critique, une sélection africaine a osé dire non. Non au silence complice. Non aux pratiques obscures. Non à l’injustice érigée en système. Pour cela, le Sénégal mérite plus qu’une victoire : il mérite le respect et la reconnaissance de toute l’Afrique.

Honneur au Sénégal, honneur au football africain.

Ouadah Nouredine Journaliste algérien 

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