Le tribunal correctionnel de Paris rend ce mercredi 28 janvier sa décision dans l’affaire opposant la sprinteuse transgenre Halba Diouf à la Fédération française d’athlétisme (FFA), que l’athlète poursuit pour discrimination basée sur l’identité de genre et harcèlement moral.
Un procès inédit. La décision concernant des faits de discrimination et de harcèlement moral envers l’athlète transgenre Halba Diouf, imputés à la Fédération française d’athlétisme (FFA), qui nie les accusations, sera rendue ce mercredi 28 janvier par la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Licenciée dans un club provençal d’athlétisme, celle qui est née homme au Sénégal avant de débuter sa transition en 2021 en France accuse la FFA de l’avoir bannie depuis février 2023 des compétitions féminines régionales et supérieures sur la base de son genre. Une accusation que nie l’instance française d’athlétisme.
Le cas de la sprinteuse, âgée de 23 ans, interroge donc pour la première fois la justice française sur la question de la participation des sportives transgenres aux compétitions féminines.
UNE PREMIÈRE AUDIENCE HOULEUSE EN DÉCEMBRE DERNIER
Depuis que la FFA a rayé son nom des événements régionaux et nationaux, cette dernière avait porté l’affaire devant les tribunaux, dans deux procédures distinctes, au pénal et sur un volet administratif.
Le 17 décembre 2025, une première audience avait eu lieu devant le tribunal correctionnel de Paris. «On ne m’autorise pas à courir parce que je suis une femme transgenre», avait-elle lancé à la barre, au cours d’une audience marquée par des échanges secs entre une juge et la défense d’Halba Diouf.
«La violence de cette audience qui a été, à mes yeux, inutile et totalement surréaliste, est un indicateur très fort que, même au cœur d’une juridiction pénale française de haut niveau, il y a des messages sociétaux qui ne sont pas encore passés», a commenté l’avocat d’Halba Diouf, avant d’ajouter : «C’est agaçant et c’est surtout dommage, parce qu’on passe à côté de vraies questions».
Face à cette audience jugée «surréaliste» par certains, l’avocat de la FFA avait réclamé la relaxe, affirmant que les accusations ne reposaient sur aucun élément matériel. «L’inclusion ne peut pas se faire à n’importe quel prix», avait-il plaidé.
