La Direction nationale des investigations et des traces (DNIT) a mis fin aux activités d’un réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs sénégalais. Plus de 200 fausses pièces d’identité ont été saisies à l’issue d’une enquête ayant conduit à la présentation de deux suspects devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Saint-Louis, rapporte Libération.
Les mis en cause, Abdoulahi Bah, connu sous le nom d’Abdoulaye Ba, et Yancouba Diallo, sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, obtention frauduleuse de documents administratifs et faux en écritures publiques.
L’affaire trouve son origine dans une opération de surveillance menée par le commissariat spécial de Rosso, ciblant les passages frontaliers clandestins, notamment dans la zone de Thiambène. Un individu y a été interpellé en possession de plusieurs documents suspects, parmi lesquels une carte nationale d’identité sénégalaise, un permis de conduire, un passeport guinéen et un certificat de nationalité sénégalaise, tous établis sous la même identité.
Face aux enquêteurs, le suspect a tenté de justifier l’origine des documents en invoquant des démarches administratives facilitées par son père présumé. Toutefois, les investigations de la DNIT ont rapidement mis au jour des incohérences, révélant l’existence d’un réseau structuré impliquant des ressortissants étrangers et des complicités locales.
Les enquêteurs ont notamment établi que l’épouse du principal suspect, de nationalité guinéenne, avait déjà été arrêtée en 2023 pour des faits similaires. La perquisition menée à leur domicile a permis de découvrir une quantité impressionnante de documents falsifiés ou vierges, provenant de plusieurs communes, dont Tambacounda et Ndame.
Parmi les pièces saisies figurent des centaines de photocopies de cartes d’identité sénégalaises, des extraits et copies intégrales d’actes de naissance, des jugements d’autorisation d’inscription tardive, des certificats de nationalité, de résidence, de non-inscription, ainsi que des extraits de casier judiciaire, dont plusieurs documents vierges destinés à alimenter le trafic.
Interrogé par les enquêteurs, Abdoulaye Ba a désigné Yancouba Diallo comme son principal complice. Ce dernier, présenté comme commerçant et intermédiaire administratif, a reconnu avoir facilité l’obtention frauduleuse de jugements et de certificats officiels, tout en contestant une partie des faits.
Selon Libération, l’ampleur du matériel saisi met en évidence un trafic organisé à grande échelle, rendu possible par la complicité présumée de certains agents administratifs. L’enquête se poursuit afin d’identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau et d’évaluer l’étendue des responsabilités.
