Si la Confédération africaine de football souhaite réellement préserver ce qu’il reste de sa crédibilité, elle ne peut se contenter de sanctions disciplinaires limitées et de communiqués tardifs. La crise provoquée par la finale de la Coupe d’Afrique des nations a mis en lumière des dysfonctionnements plus profonds, qui exigent aujourd’hui des réponses claires et courageuses.

La première urgence concerne les déclarations publiques du président de la Fédération sénégalaise. Des propos graves, lancés avant et après la finale, qui ont jeté le doute sur l’intégrité de la compétition, sur l’arbitrage et sur l’organisation. Dans toute institution sportive crédible, de telles accusations appellent automatiquement l’ouverture d’une enquête. Le silence ou l’indulgence ne feraient qu’alimenter la suspicion et affaiblir davantage l’autorité de la CAF.

Le second chantier, encore plus sensible, est celui de l’arbitrage vidéo (VAR). La polémique ne se limite pas à une seule rencontre ni à une seule décision. Elle traverse l’ensemble de la compétition. Si la CAF veut convaincre, elle doit ouvrir des audits techniques indépendants sur l’utilisation du VAR lors de toutes les rencontres clés, identifier les erreurs éventuelles, expliquer les protocoles appliqués — ou non — et assumer les responsabilités qui en découlent.

Car le problème n’est plus uniquement sportif, il est institutionnel. Une instance qui refuse de se remettre en question donne l’impression de protéger un système plutôt que le jeu. Or, le football africain ne peut plus se permettre des zones d’ombre, surtout à l’heure où l’exposition médiatique est mondiale et où chaque décision est disséquée en temps réel.

Cette CAN aura agi comme un révélateur brutal. Les sanctions disciplinaires ne sont qu’un premier pas, insuffisant s’il n’est pas suivi d’un véritable travail de transparence. Sans enquêtes sérieuses, sans rapports publics, sans réformes visibles, la CAF continuera à gérer les crises au lieu de les prévenir.

Le football africain mérite une confédération forte, respectée et respectueuse de ses propres règles. Aujourd’hui, la balle est dans le camp de la CAF : soit elle choisit la voie de la vérité et de la réforme, soit elle accepte de voir sa crédibilité s’éroder un peu plus à chaque polémique.

Et dans ce combat, le silence ne sera jamais une solution.

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