À plus d’un an des élections municipales et départementales prévues en principe en 2027, l’opposition regroupée au sein du Front pour la défense de la République (FDR) hausse déjà le ton. Dans un communiqué rendu public, Khalifa Sall et ses alliés accusent le gouvernement de manœuvres visant, selon eux, à compromettre la transparence du processus électoral.
Le FDR déplore notamment l’absence, au 1er février 2026, de décret fixant la date des élections locales, ainsi que le non-installation des commissions administratives chargées de l’établissement et de la révision des listes électorales. Une situation que l’opposition qualifie de « nouvelle forfaiture d’un régime aux abois », pointant également le « silence coupable » de la Commission électorale nationale autonome (CENA), pourtant chargée de veiller au respect de la loi électorale.
Pour le FDR, le Code électoral est pourtant sans ambiguïté : une révision ordinaire des listes doit se tenir du 1er février au 31 juillet de chaque année, sauf cas de force majeure ou de révision exceptionnelle. « Le moindre respect du droit des citoyens aurait dû conduire le gouvernement à informer l’opinion avant le 1er février et à préciser le type de révision envisagé », soutient l’opposition, qui estime que le dépassement de cette échéance laisse présager une révision exceptionnelle adossée aux scrutins de 2027.
Face à ce qu’il considère comme une dérive préoccupante, le FDR exige la publication immédiate du décret convoquant les élections municipales et départementales, ainsi que celui portant révision exceptionnelle des listes électorales. Le front réclame également l’accès des partis politiques au fichier électoral, conformément aux dispositions du Code électoral.
Le communiqué évoque par ailleurs des « informations concordantes » faisant état d’un projet gouvernemental de confier la confection des cartes nationales d’identité, des cartes d’électeur et des passeports à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou à l’une de ses filiales, alors que le pays est en période préélectorale et que de nombreuses cartes arrivent à expiration avant les prochains scrutins.
Pour le FDR, « tout porte à croire que tout est organisé pour permettre à Pastef d’avoir la mainmise sur le fichier électoral et l’état civil », au risque, selon lui, de « saborder les élections à venir et de porter un coup fatal à la démocratie ».
Le Front appelle ainsi le gouvernement à s’expliquer sur cette situation qu’il juge susceptible de « menacer gravement la sincérité et la crédibilité » des prochains scrutins, et exige la disponibilité et la sécurisation des cartes d’identité et d’électeur, ainsi qu’une gestion indépendante du fichier électoral, présentées comme des garanties essentielles de la fiabilité du processus électoral.
