Dans le cadre de l’organisation du Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi) rénové prévu en mars 2026, l’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) a organisé hier, une première concertation avec le secteur privé. A cette occasion, les acteurs du secteur privé ont égrené leurs attentes sur le nouveau format du Cpi en gestation.

L’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix), conformément aux directives du Premier ministre, commence à recueillir les contributions, attentes et préoccupations des acteurs du secteur privé sur le projet de réforme du Conseil présidentiel de l’investissement. Ce Cpi rénové vise à «accélérer les réformes et à lever les obstacles à l’investissement».
Mais, selon le président du Conseil national du patronat (Cnp), «l’Entreprise a besoin plus de visibilité sur les grandes réformes du Code général des impôts et du Code général des douanes ; une meilleure prise en compte de leurs préoccupations majeures consignées lors des négociations sociales sur le nouveau Code du travail, notamment celles sur la flexibilité à l’embauche, ainsi que sur le plafonnement des dommages et intérêts relatifs au licenciement «dit abusif» comme dans la région ouest-africaine et les pays concurrents». Comme autres attentes de l’Entreprise, Baïdy Agne souligne «la relance des grands chantiers de Btp et d’infrastructures ; la généralisation de la dématérialisation pour plus de transparence et d’efficience en optimisant les téléprocédures et télépaiements ; un meilleur accès au foncier et une plus grande sécurisation foncière des investissements ; la création de tribunaux de commerce dans les pôles territoriaux et le renforcement des capacités des juridictions commerciales, ainsi que l’amélioration du fonctionnement des tribunaux du travail ; la concertation publique/privée dans le cadre du projet de loi sur la souveraineté économique». «En ce qui concerne les modalités d’organisation du Cpi Rénové, l’Entreprise souligne qu’elle ne souhaite pas, si possible, qu’elle ne se résume qu’à «une grande messe». Nous pensons qu’un bon Cpi rénové doit être une instance d’arbitrage et de décision pour améliorer l’environnement et le climat des affaires, ainsi que pour rendre plus attractif l’investissement privé au Sénégal. Cela nécessite bien entendu la structuration de groupe de travail thématique autour des réformes en cours ayant un impact sur les entreprises», plaide le patron du Cnp.

Le Cpi rénové prévu en fin mars 2026
Sur une période de plus de deux décennies, l’ancien format du Cpi a «permis de mener des réformes importantes qui ont soutenu les politiques économiques et sociales de leurs époques, réaliser des infrastructures de base de production et de connectivité, faciliter des procédures et alléger les coûts des services administratifs».
Aujourd’hui, précise le Directeur général de l’Apix, «nous ne cherchons pas à le remplacer, mais à le faire entrer dans une nouvelle étape de maturité : passer d’un cadre de dialogue périodique à une gouvernance économique permanente et collaborative». «Le nouveau format pourrait reposer sur un cadre permanent de dialogue Etat-secteur privé ; un mécanisme de suivi-évaluation orienté performance et une meilleure inclusion du secteur privé», indi­que Bacary Séga Bathily. Sur le premier principe, le Dg rassure que «le dialogue ne doit plus être uniquement événementiel. Il doit devenir continu, structuré et sectoriel». Relati­vement au deuxième, il argue : «Nous devons coupler une logique de réforme administrative à une logique de résultats économiques mesurables : investissements réalisés, emplois créés, délais réduits, coûts abaissés.» A propos du troisième axe, il soutient que «le secteur privé ne doit plus être uniquement consulté ; il doit être co-constructeur des réformes». A son avis, «la réussite de ce nouveau format dépendra des acteurs du secteur privé». Il est attendu d’eux, «des propositions concrètes ; la priorisation des contraintes majeures ; un engagement dans les groupes techniques ; une participation active au suivi des décisions ; une culture de partenariat et non seulement de revendication». «Notre ambition est claire : faire du Sénégal l’un des environnements d’investissement les plus compétitifs d’Afri­que», déclare M. Bathily. Avant d’affirmer que «le climat des affaires n’appartient ni à l’Etat ni au secteur privé : il est un bien commun, et sa qualité conditionne notre croissance, notre souveraineté économique et l’emploi de nos jeunes».
Le Cpi rénové est prévu en fin mars 2026. Et pour bien le préparer, l’Apix souhaite une collaboration étroite et une participation active du secteur privé.

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