Riche de ses ressources naturelles et de sa jeunesse, l’Afrique est souvent perçue par certains comme le continent qui regorge le plus d’opportunités. Cela n’est pourtant pas la vision du directeur de la Chambre de commerce américaine. Selon Mahi Kane, en Afrique, en particulier au Sénégal, les taux d’endettement sont extrêmement élevés. «Nos Etats empruntent à l’international à des taux très élevés. On est entre 8 et 12% pour les pays africains. Un pays comme l’Allemagne peut aller sur le marché international et emprunter à 2%, parce qu’il a une bonne rotation sans compter les échanges», a-t-il souligné d’emblée, lors de l’Université d’entrée de Sup de Co, rapporte le Quotidien
A en croire M. Kane, d’autres facteurs participent aussi à mettre le bémol sur les intentions des investisseurs dans le continent noir. «Ce qui est important et qu’on ne peut pas ignorer, c’est l’inflation. L’instabilité constitue aussi un élément qui crée la frayeur chez les investisseurs.»
L’autre problème inquiétant pour M. Kane, c’est le cadre réglementaire qui est instable. Mais ce que déplorent le plus souvent les investisseurs, c’est la prédictibilité de notre cadre règlementaire, c’est-à-dire quand les pouvoirs publics imposent de nouvelles lois, de nouvelles mesures, pour que les acteurs puissent se préparer. «Le cadre de vie n’est pas suffisant. Il y a aussi le capital, c’est insuffisant», a-t-il dit.
Selon M. Kane, qui a fait ses armes au cabinet Price Waterhouse Cooper (Pwc), avant de se lancer dans une autre aventure, on est arrivés à un moment où les investisseurs sont devenus très sélectifs. «Je parlais du contexte géopolitique qui est très instable, où on note le repli des multinationales. Le véritable problème est que chaque pays regarde ses propres intérêts. De la même manière, les investisseurs regardent là où il y a de l’activité, là où il y a un gain. Et l’offre faite par les Africains ne les satisfait pas», a-t-il ajouté.
D’après l’économiste, même dans le secteur technologique, l’Afrique ne répond pas aux attentes des investisseurs. «Il y a un secteur qui est en pleine croissance et qui intéresse les investisseurs, c’est le secteur technologique. L’offre qui est faite en Afrique dans ce domaine n’est pas alignée sur leurs attentes. L’attractivité pose problème», a soutenu Mahi Kane, qui n’a pas non plus occulté la question épineuse de la fiscalité qui, pour lui, constitue aujourd’hui la base de toute intention d’investissement.
