C’est une affaire d’une gravité inouïe que révèle Libération dans son édition du jour. Pendant près d’une décennie, entre 2015 et 2025 au moins, un ressortissant identifié comme Pierre Robert aurait dirigé, au Sénégal, un réseau structuré et méthodique d’exploitation sexuelle de mineurs. Une organisation clandestine dont les ramifications, les méthodes et les ambitions donnent froid dans le dos.

Selon les informations rapportées par Libération, celui que les membres du réseau appelaient le « patron » s’appuyait sur un groupe de « formateurs sexuels », tous porteurs du VIH, chargés d’« initier » des enfants de la rue, des mineurs issus de familles très pauvres ainsi que des talibés, avant de les livrer à des « clients ». Les victimes, vulnérables et sans protection, étaient ciblées pour leur précarité. 


D’après Libération, lors de ses séjours au Sénégal, Pierre Robert organisait des soirées dans une villa située à Saly. Le « menu », selon les termes glaçants rapportés par le journal, était composé d’enfants défavorisés préalablement approchés et conditionnés par les « formateurs ». Ces mineurs auraient ensuite été filmés et abusés par des invités triés sur le volet. 

Les enquêteurs décrivent un système structuré, avec des rôles bien définis et une logistique financière assurée par le « patron » lui-même. 

L’enquête a conduit à plusieurs interpellations. Aux Almadies, Amath Lô, présenté comme un « formateur », a été arrêté dans un appartement que Pierre Robert continuait de payer, y compris pendant son incarcération. Lors de son audition, il aurait déclaré être la « femme » du cerveau présumé du réseau. Sept jeunes garçons « recueillis » par le groupe ont été retrouvés sur place. 

À Ouakam, un autre suspect, Malick Sène Guèye, a été intercepté. Une perquisition a permis la découverte d’effets vestimentaires féminins, élément versé au dossier d’instruction. 

Toujours selon Libération, Birame Senghor, surnommé « Boubacar Sweettie » dans des messages interceptés attribués à Pierre Robert, aurait eu pour mission d’« initier » de jeunes mineurs au sexe. 


Les révélations les plus troublantes concernent les ambitions prêtées au « patron ». Babacar Diallo, autre membre présumé du réseau, aurait reconnu avoir « récupéré » plusieurs enfants de moins de 10 ans pour les « former au sexe » dans un appartement financé par Pierre Robert. 

Plus grave encore, il aurait confié aux enquêteurs que Pierre Robert projetait d’implanter à Dakar un prétendu « centre de formation au sexe » destiné aux enfants recrutés par le réseau. 


Face à la gravité des faits, le doyen des juges a ouvert une information judiciaire. Quatorze mandats de dépôt ont été délivrés hier, marquant une nouvelle étape dans cette affaire tentaculaire qui scandalise l’opinion. 

L’enquête se poursuit pour identifier l’ensemble des ramifications locales et internationales du réseau, ainsi que d’éventuels complices ou bénéficiaires.

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