Les électeurs bangladais ont commencé à voter ce jeudi pour élire un nouveau gouvernement, une première depuis le soulèvement populaire qui a mis fin aux 15 années de pouvoir du parti « Ligue Awami ».
Au total, plus de 127,6 millions de citoyens sont habilités à participer au scrutin. Ils devront également se prononcer sur des réformes constitutionnelles majeures.
Le vote a débuté à 7h30 (01h30 GMT) et se poursuivra pendant neuf heures, jusqu’à la fermeture des bureaux à 16h30 (10h30 GMT).
Les premiers résultats devraient être connus tard dans la soirée de jeudi, heure locale. Les électeurs doivent désigner 300 membres du Parlement à travers 42 000 centres de vote répartis sur l’ensemble du territoire.
Au total, 51 partis politiques et 2 034 candidats sont en lice pour les sièges parlementaires, dont 275 indépendants.
En plus des 300 sièges généraux pourvus au suffrage direct, le Parlement comprend 50 sièges réservés aux femmes, portant ainsi le nombre total de députés à 350.
D’importantes mesures de sécurité ont été mises en place. Des caméras de surveillance (CCTV) ont notamment été installées dans plus de 90 % des circonscriptions électorales.
Quelque 958 000 membres des forces de l’ordre, dont 100 000 soldats, ont été déployés pour garantir la sécurité et le maintien de l’ordre dans tout le pays.
Toutefois, le vote a été suspendu dans une circonscription à la suite du décès d’un candidat.
Sur le plan politique, une alliance menée par le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et une autre dirigée par le Bangladesh Jamaat-e-Islami figurent parmi les principaux prétendants. Le parti Ligue Awami de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, évincée du pouvoir, a été interdit de participation.
Par ailleurs, le référendum porte sur des réformes constitutionnelles, dont une proposition visant à rétablir une administration intérimaire neutre et apolitique chargée de superviser les futures élections générales.
Parmi les électeurs, 45,9 millions sont des jeunes et des primo-votants. Beaucoup ont joué un rôle central dans le mouvement populaire de 2024, baptisé « soulèvement de juillet », lorsque Sheikh Hasina a quitté le pays pour se réfugier en Inde, où elle réside actuellement.
Depuis août 2024, un gouvernement intérimaire dirigé par le lauréat du prix Nobel Muhammad Yunus assure la gestion des affaires courantes.
En novembre dernier, Sheikh Hasina a été condamnée à mort par contumace pour crimes contre l’humanité commis durant le soulèvement.
Selon les données des Nations unies, jusqu’à 1 400 personnes ont perdu la vie lors des manifestations qui ont conduit à la chute de son gouvernement.
Enfin, le mouvement de jeunesse de 2024, devenu le Parti national des citoyens (NCP) et conduit par de jeunes militants à l’origine du soulèvement de juillet, participe également au scrutin en alliance avec le Jamaat-e-Islami, aux côtés de plusieurs petites formations politiques.
