Mme Karima Bounemra Ben Soltane, directrice de l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep), a profité hier de la cérémonie de clôture de la formation de hauts fonctionnaires africains sur «Diplomatie économique et climatique : promouvoir les intérêts de l’Afrique sur la scène internationale», pour inviter les pays à s’acquitter de leurs contributions annuelles au budget de cette institution, rapporte le Quotidien .
Par décision de l’Assemblée générale des Nations unies, les pays africains ont l’obligation de contribuer annuellement au budget de l’Institut africain de développement économique et de planification (Idep). Certains Etats s’en acquittent régulièrement, tandis d’autres le font tardivement. Face à cette situation, la directrice de l’institution et ses collaborateurs ont décidé d’adresser des lettres aux retardataires, afin de leur rappeler leurs responsabilités vis-vis de l’Idep.
«Mes collègues partageront avec vous les lettres adressées à vos gouvernements respectifs, et je tiens à ce que vous prouviez vos capacités de négociation pour qu’au retour, je reçoive des chèques qui honoreront les contributions de vos pays au budget de l’Idep», a dit hier, avec ironie, Mme Karima Bounemra Ben Soltane aux hauts fonctionnaires africains qui prenaient part à la formation sur «Diplomatie économique et climatique : promouvoir les intérêts de l’Afrique sur la scène internationale». «Lorsque les pays sont rappelés à leurs responsabilités vis-à-vis de l’Idep, ils réagissent généralement de manière positive», précise la directrice de l’Idep.
Cette formation de cinq jours, qui a été clôturée hier, vise à «doter les hauts fonctionnaires africains d’outils de négociation stratégiques en vue des grands forums mondiaux, notamment la Cop31, qui se tiendra en novembre 2026 à Antalya, en Turquie, et la Cop32, qui sera organisée par l’Ethiopie en 2027». Organisé par l’Idep en partenariat avec le Centre d’excellence pour le leadership et le management pour le développement de l’Afrique (Celmad), ce programme intensif a réuni des diplomates et décideurs politiques de haut niveau provenant de quatorze pays africains : Burkina Faso, Comores, République démocratique du Congo (Rdc), Gambie, Ghana, Guinée Equatoriale, Kenya, Libye, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie et Tunisie.
L’Afrique outille ses négociateurs
Tout au long de la semaine, les participants sont allés au-delà des cadres théoriques pour s’engager dans des simulations réalistes et pratiques, conçues pour refléter la complexité des négociations internationales sur le climat et l’économie. L’accent a été mis sur «l’art de la négociation climatique», où les délégués ont appliqué des cadres avancés pour aborder les priorités essentielles de l’Afrique : le financement climatique, les pertes et dommages, le financement de l’adaptation et une transition énergétique juste. La formation s’est terminée par une simulation dynamique de négociation multipartite de type Cop, au cours de laquelle les responsables se sont exercés à former des coalitions, à articuler des positions africaines unifiées et à mener des engagements diplomatiques sous haute pression.
«Ce n’était pas un atelier traditionnel, mais un exercice diplomatique. Nous n’avons pas seulement appris à négocier, nous l’avons vécu. La simulation nous a obligés à réfléchir rapidement, à aligner nos intérêts et à défendre l’agenda de l’Afrique d’une seule voix», a déclaré Mme Noelle Chao Mutta du Kenya.
Sur l’importance de l’unité, Dr Fodé Ndiaye, président-coordinateur du Celmad, souligne que «lorsque l’Afrique s’exprime d’une seule voix, elle attire l’attention. Ce cours a renforcé les cadres et relations nécessaires pour négocier à partir d’une position de force collective».
Fort du succès de cette première session, l’Idep et le Celmad envisagent d’en organiser une deuxième à Addis-Abeba, en Ethiopie, en avril 2026. Selon Mme Soltane et ses partenaires, «la prochaine session offrira cette opportunité à une nouvelle cohorte de fonctionnaires d’autres Etats membres africains, élargissant ainsi le cadre des diplomates africains compétents en matière de climat et d’économie».
