C’est l’histoire peu banale d’un commerçant saint-louisien d’une trentaine d’années, B. Diaw. Il a parcouru plus de 300 km rien que pour venir voler à Saly Portudal.
Vendredi 6 février 2026, le soleil décline sur Saly Portudal. Dans la quiétude apparente de la résidence Tennis, un homme avec un sac à dos suspect rôde. B. Diaw a parcouru plus de 300 kilomètres en « touriste du crime » pour y commettre un vol. Un périple délibéré depuis la vieille ville jusqu’à la station balnéaire, motivé, selon lui, par la conjoncture économique difficile. L’intrus vient de Saint-Louis, pourtant il connaît les lieux comme sa poche , rapporte Pulse.
Des bijoux en or et en argent appartenant à un couple de Français volés
Profitant de l’absence momentanée du vigile de la Villa 14, il s’y introduit, d’après le récit de L’OBS, dans une discrétion féline. Ses outils, décrits comme « très sophistiqués », lui permettent de forcer les serrures sans éveiller les soupçons. À l’intérieur, il opère méthodiquement. Les chambres sont fouillées avec une minutie professionnelle. A la fin de sa chasse au trésor, son butin brille. Des bijoux en or et en argent appartenant à un couple de Français, J. P. B. et son épouse, ainsi que des pièces de valeur disparaissent dans son sac en quelques minutes. L’homme est satisfait de sa journée de « travail », mais ce jour-là, le destin joue contre lui.
Pressé de fuir dans le dédale des allées de la résidence, B. Diaw commet une erreur fatale : il se perd. Alors qu’il tente de s’orienter pour escalader le mur d’enceinte, il est repéré par le vigile, de retour à son poste. L’alerte est donnée. Son collègue rejoint rapidement la chasse. La course-poursuite est brève. Le Saint-louisien, alourdi par son butin, est rattrapé et maîtrisé. Placé en garde à vue au commissariat urbain de Saly, le malfaiteur, trouvé en possession des bijoux, ne tergiverse pas. Il reconnaît immédiatement les faits. Son passage devant le juge, mardi dernier, a cependant réservé son lot de surprises. À la barre du tribunal de grande instance de Mbour, B. Diaw, détenu à la Maison d’arrêt de Mbour depuis son arrestation, a livré des explications abasourdissantes. Face au président du tribunal, il a assumé l’entière préméditation de son acte. «Je suis commerçant de profession, mais à Saint-Louis, il n’y a pas de travail. Les difficultés de la vie m’ont poussé à venir jusqu’ici pour trouver de quoi survivre», a-t-il déclaré, comme pour justifier un voyage dont l’unique objectif était de voler. Ces confessions, loin d’attendrir l’auditoire, ont provoqué un tollé. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict pour l’homme qui a traversé tout un pays pour voler, est attendu le 3 mars.
