À l’occasion de la visite de deux commissaires européens à Dakar, hier, mardi 3 mars, le Sénégal a officialisé le déblocage de 10 millions d’euros, soit 6,5 milliards de FCfa, destinés aux études de la phase 3 du Train express régional (Ter). Cet appui de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (Afd) permettra d’étudier le prolongement de la ligne jusqu’à Thiès, conformément à la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de doter le pays d’un réseau ferré à vocation régionale , rapporte le soleil .

C’est dans le Centre des opérations ferroviaires de Colobane, coeur névralgique du Train express régional (Ter), que s’est jouée, hier, mardi 3 mars, une séquence diplomatique attendue par les autorités sénégalaises. Face à une délégation de l’Union européenne, conduite par les commissaires aux Partenariats internationaux et aux Affaires intérieures, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a annoncé une enveloppe de 10 millions d’euros (6,5 milliards de FCfa) destinée à amorcer la phase 3 du projet d’extension du Ter. Les 5,4 milliards de FCfa proviennent de la Commission européenne et le reste de l’Afd. « Une bonne nouvelle », a sobrement commenté le ministre sénégalais, alors que l’infrastructure, symbole de la coopération entre Dakar, Paris et Bruxelles, s’apprête à franchir un nouveau palier.

Cette manne financière, exclusivement dédiée aux études de faisabilité et de connexion, permettra d’engager les travaux préparatoires au prolongement de la ligne bien au-delà de l’aéroport international Blaise-Diagne (Aibd), terminus actuel de la phase 2. L’objectif affiché par l’exécutif sénégalais est désormais de pousser les rails jusqu’à Thiès, ancienne cité ferroviaire située à 70 kilomètres à l’est de Dakar, et d’inscrire ainsi le Ter dans une dynamique réellement régionale. Une ambition que le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, avait évoquée publiquement ces dernières semaines, appelant à « optimiser » un réseau dont le coût global avoisine désormais les 1200 milliards de FCfa.

Pour justifier cette nouvelle étape, Yankhoba Diémé s’est montré lucide sur les choix opérés par le passé. « Nous aurions pu choisir de faire le Ter en souterrain à Dakar, avec un coût exorbitant financé par l’État. On ne peut pas changer ce qui a été fait, mais on doit changer ce qui doit l’être », a-t-il argumenté, en référence aux critiques récurrentes sur la densité des arrêts et les charges d’entretien de l’actuelle infrastructure.

Stratégie « Global Gateway »

L’extension vers l’est répondra ainsi à une double logique : donner sa pleine mesure à un équipement pensé pour désengorger la capitale et mutualiser en même temps les coûts de maintenance grâce à un trafic élargi.
Au-delà des annonces chiffrées, cette visite de commissaires européens – une première pour Jozef Síkela, chargé des Partenariats internationaux depuis la formation de la nouvelle commission – a offert l’occasion de réaffirmer la convergence de vues entre Bruxelles et Dakar sur les priorités de développement. « Nous partageons des valeurs fondamentales, comme la démocratie et l’État de droit, mais aussi des intérêts communs, au premier rang desquels la création d’emplois pour la jeunesse sénégalaise », a déclaré M. Síkela, insistant sur le défi démographique que représente l’arrivée, chaque année, de « centaines de milliers de jeunes » sur le marché du travail.

Dans cette perspective, le transport ferroviaire incarne, aux yeux de l’Union européenne, un levier d’intégration économique et sociale. « Le transport, c’est connecter les talents aux emplois, les entreprises aux marchés, les régions aux opportunités », a poursuivi le commissaire, présentant l’extension du Ter comme une illustration concrète de la stratégie d’investissement « Global Gateway » portée par l’Ue. Ce programme, qui vise à mobiliser jusqu’à 167.000 milliards de FCfa d’investissements publics et privés dans les infrastructures durables à l’échelle mondiale, trouve un terrain d’application privilégié au Sénégal, après le succès de ses premières phases.

La France, à travers l’Afd, confirme également son engagement aux côtés de son partenaire historique, dans un contexte où les relations entre Paris et Dakar connaissent des recompositions, particulièrement sur le plan militaire et économique. Les 2,6 milliards de FCfa apportés par l’Afd pour ces études prolongent un soutien constant au Ter, considéré comme l’un des fleurons de la coopération bilatérale. De quoi satisfaire un ministre des Transports soucieux de « saluer, avec toute la “Teranga’’ », des partenaires « qui comprennent et acceptent la ligne tracée » par les nouvelles autorités sénégalaises.

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