Les résultats de l’étude sur la contamination des plats cuisinés et des jus locaux par des bactéries, notamment la salmonelle et E. coli., ont été partagés hier, jeudi 5 mars, à Dakar. Il en ressort que sur un échantillon de 108 aliments de rue prélevés, 16 sont non-conformes, soit 14,81 %.
Le Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous) de Dakar a abrité, hier, jeudi 5 mars, l’atelier de restitution des résultats de l’enquête initiée dans le cadre du Plan de surveillance sur la contamination des plats cuisinés et des jus locaux par les salmonelles et E. coli. des régions de Dakar, Thiès et Kaolack. Menée conjointement par le Service national d’hygiène (Snh), compétente en matière d’alimentation de rue, et le Laboratoire national d’analyses et de contrôle (Lanac), l’enquête a montré la non-conformité de certains aliments de la rue dans les gares routières, les marchés, entres autres. Avec l’accompagnement de la Fao, ce projet a permis de détecter la présence de deux bactéries considérées comme problématiques, à savoir le Escherichia coli (E. coli) et la salmonelle, rapporte le Soleil .
Le processus ayant conduit à cette étude a démarré en 2021. Les ateliers organisés ont abouti à la priorisation des risques en matière de sécurité sanitaire des aliments. « Nous avons pu identifier 82 couples d’aliments dangereux, dont 6 sont considérés comme prioritaires. Sur les 108 échantillons recueillis, dont 21 jus, dans 13 sites à Dakar, 5 à Thiès et 7 à Kaolack, les 16 sont revenus non conformes, soit un taux de 14,81 % », a soutenu le Pr Amadou Diop, président du Comité national du Codex alimentarius (plateforme nationale de coordination des activités de normalisation et de sécurité sanitaire des aliments au Sénégal). Dans le document présenté aux acteurs, la région de Thiès reste la zone la plus exposée parmi les localités ciblées.
« Les résultats ont montré qu’il y avait des problèmes au niveau de certains sites. Si, pour Dakar, sur les 65 échantillons qui ont été prélevés, un seul cas de non-conformité a été signalé, à Thiès, sur 22 échantillons recueillis, 12 non-conformités ont été notées. La région de Kaolack, pour sa part, a 3 cas de non-conformité sur les 21 échantillons présentés », a souligné le Pr Diop. Selon Adja Marième Seck, du Laboratoire national d’analyse et de contrôle, le taux de non-conformité de la région de Dakar est de 1,54 % contre 14,29 % pour Kaolack et 54,54 % pour la région de Thiès. Les produits lactés et leurs dérivés, à savoir les « thiakri », « lakh », « neutari », « ngalakh », sont notamment concernés.
Pour mieux cerner le problème et apporter des correctifs pour une meilleure sécurité des populations, le président du Codex alimentarius préconise l’élargissement des zones ciblées. « Il faut étendre le travail au niveau national pour avoir une meilleure visibilité par rapport à la contamination des aliments de la rue. Il faut aussi renforcer la collaboration sectorielle entre les différentes autorités compétentes en assurant le renforcement des compétences des personnels techniques en matière de prélèvement d’échantillonnage », a-t-il préconisé.
