La première édition de la Journée mondiale du lymphoedème (gonflement d’un membre ou d’une partie du corps) a été célébrée le vendredi 6 mars, à Dakar par l’Association d’aide aux personnes atteintes de cette pathologie lymphatique (Apalysen). À cette occasion, les personnes touchées par cette maladie chronique encore peu connue ont plaidé pour une meilleure prise en charge; rapporte le soleil .

Dans un récit chargé d’émotion, Aïssatou Mbodj, présidente de l’Association d’aide aux personnes atteintes de lymphoedème (Apalysen), a arraché quelques larmes à l’assistance réunie dans la salle de conférence de l’hôpital général Idrissa Pouye de Grand Yoff. « Je vis avec cette maladie depuis 2009, soit 17 ans de combat », a-t-elle confié d’une voix tremblante, sous les ovations du public.

Ce vendredi 6 mars, les 320 membres de l’Apalysen ont décidé de briser le silence pour dire non à la stigmatisation. Mais, il s’agit surtout de plaider en faveur d’une meilleure prise en charge du lymphoedème (gonflement d’un membre ou d’une partie du corps), une pathologie chronique encore peu connue et qui touche près de 250 millions de personnes à travers le monde.
La rencontre a été l’occasion de sensibiliser l’opinion et d’alerter sur cette maladie dont l’impact sur la vie des patients reste largement ignoré.

À 42 ans, mariée et mère de trois enfants, la présidente de l’Apalysen a rappelé les lourdes conséquences du lymphoedème sur le quotidien des malades. « Cette maladie reste encore méconnue alors qu’elle affecte profondément la vie de ceux qui en souffrent », a-t-elle déclaré. Aïssatou Mbodj a souligné que la création de l’association, en juillet 2025, vise à soutenir les patients, sensibiliser les populations et lutter contre la stigmatisation.

Le lymphoedème se caractérise par une accumulation anormale de liquide lymphatique, entraînant un gonflement progressif de certaines parties du corps. Selon le Pr Papa Adama Dieng, chirurgien vasculaire, « il s’agit d’un dysfonctionnement de la circulation lymphatique qui provoque une accumulation de liquide dans les tissus ». Cette maladie peut être liée à des malformations congénitales, à des infections, à certaines maladies parasitaires ou encore à des complications après une chirurgie ou une radiothérapie.

Au-delà de l’aspect médical, les spécialistes insistent sur les conséquences sociales et psychologiques de la maladie. « Les patients peuvent souffrir de problèmes de mobilité, mais aussi de stigmatisation et de difficultés d’insertion professionnelle », a expliqué le Pr Dieng.

Représentant le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Mamadou Moustapha Diop, directeur de la Lutte contre la maladie, a rappelé les progrès réalisés, ces dernières années, dans le combat contre les Maladies tropicales négligées (Mtn). « Plusieurs approches thérapeutiques existent aujourd’hui, notamment le drainage lymphatique, les bandages compressifs et les soins de la peau », a-t-il indiqué, précisant que la chirurgie vasculaire peut être envisagée dans les cas les plus complexes.

De son côté, le Pr Aliou Ngaïdé, représentant de la Société sénégalaise de cardiologie, a insisté sur l’importance de la formation et de la sensibilisation. « Le lymphoedème est une maladie souvent sous-diagnostiquée et les patients souffrent parfois de stigmatisation. Il est donc essentiel de renforcer l’information et la formation des professionnels de santé », a-t-il souligné.

Les acteurs présents ont appelé à une mobilisation collective impliquant les professionnels de santé, les associations, les partenaires et les médias afin d’améliorer la prévention et la prise en charge des patients.

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