La gestion de l’eau affiche des résultats encourageants dans les régions de Kaolack et Kaffrine où opère depuis mars 2019, la société Flexeau. Mais la vétusté des réseaux de distribution reste un défi majeur à relever , rapporte nos confrères du Soleil .

À Kaolack et Kaffrine, le bilan de la gestion de l’eau en milieu rural se veut globalement satisfaisant, porté par des avancées significatives en matière de disponibilité et de qualité du service. Directeur des opérations de Flexeau, en activité dans la zone depuis mars 2019, Aziz Guèye met en avant « une amélioration sensible de l’accès à l’eau pour les populations, tant en quantité qu’en qualité ». Toutefois, des défis importants subsistent, notamment en ce qui concerne les réseaux de distribution. « Nous perdons plus de 18 millions de mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de la production de 81 forages », note Aziz Guèye. Une situation qui prive potentiellement plus de 75 00 ménages d’un accès à l’eau potable. La vétusté des infrastructures impacte également la qualité bactériologique de l’eau distribuée.

À cela s’ajoutent des contraintes naturelles, notamment dans la région de Kaolack où certaines nappes présentent des niveaux de salinité ou de fluor supérieurs aux normes. Face à cette situation, Flexeau plaide pour « l’installation d’unités de dessalement le long du bras du Saloum ». Le principal défi reste donc la réhabilitation des réseaux. Dans certaines localités, le rendement chute à moins de 25 % ; ce qui alourdit considérablement les coûts d’exploitation notamment énergétiques. « L’énergie représente plus de 50 % de notre chiffre d’affaires malgré la solarisation », précise le responsable. Pour y faire face, Flexeau entend accélérer ses investissements. Après avoir mobilisé plus de 5 milliards de FCfa pour solariser 217 forages sur 298, la société prévoit une nouvelle phase ambitieuse dès juin 2026. Celle-ci portera sur l’installation de 16 00 panneaux solaires supplémentaires, accompagnés de capacités de stockage d’énergie.

« Ce programme, conçu par nos jeunes ingénieurs, nous permettra de mieux maîtriser les coûts et d’augmenter significativement la production d’eau », affirme Aziz Guèye. Une dynamique qui pourrait, à terme, renforcer durablement l’accès à l’eau potable et soutenir les activités économiques locales, notamment le maraîchage. Flexeau revendique une approche axée sur la professionnalisation du secteur. « Nous avons fait le pari du capital humain », explique-t-il. M. Guèye souligne le recrutement et la formation de nombreux jeunes souvent à leur premier emploi. Une politique inclusive marquée notamment par une forte présence féminine : «80 % de notre personnel d’encadrement est constitué de jeunes femmes». L’innovation technologique constitue le deuxième pilier de cette stratégie. L’entreprise a engagé un vaste programme de solarisation des forages, avec plus de 12 00 panneaux solaires installés. À cela s’ajoute la mise en place d’un système de télégestion permettant un suivi en temps réel des installations et une intervention rapide en cas de dysfonctionnement. Sur le plan opérationnel, les performances sont notables avec un taux d’incorporation supérieur à 90 %, malgré un ralentissement observé ces dernières années. Au-delà des résultats, l’expérience de Kaffrine illustre que les progrès sont possibles dans la gestion de l’eau rurale, tout en rappelant l’urgence d’investir dans des infrastructures plus modernes et performantes.

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