Le prix du gazole a atteint un niveau historique depuis 1985 en France, dépassant 2,18 euros le litre en moyenne, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui perturbent l’approvisionnement mondial en pétrole, selon les chiffres publiés lundi par le site gouvernemental de suivi des prix pétroliers.

La semaine dernière, le litre de gazole s’est établi en moyenne à 2,1888 euros, battant les précédents records de mars et juin 2022. Mardi, il s’est vendu à 2,243 euros le litre, d’après un calcul réalisé sur près de 9 600 stations-service.

Cette flambée représente une augmentation de 52 centimes (+30,4%) par rapport au 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines contre l’Iran. Le sans plomb 95-E10, l’essence la plus consommée, s’affichait à 1,993 euro le litre, proche du seuil symbolique de 2 euros.

Le conflit au Moyen-Orient a entraîné une forte hausse des cours du pétrole : l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 à 25 % du pétrole mondial et 20 % du gaz naturel liquéfié, tandis que de nombreuses infrastructures énergétiques ont été touchées par des frappes.

L’escalade régionale se poursuit depuis le lancement, le 28 février, d’une offensive conjointe américano-israélienne contre l’Iran, qui a déjà fait plus de 1 340 morts, dont l’ancien guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei.

Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël, ainsi que la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe abritant des installations militaires américaines, causant des victimes et des dégâts matériels. Le 2 mars, l’Iran a par ailleurs déclaré que les navires ne seraient pas autorisés à transiter par le détroit d’Ormuz, avertissant que tout navire tentant de le traverser serait pris pour cible; ce qui perturbe sérieusement les marchés mondiaux et l’aviation.

Le détroit d’Ormuz, situé à l’entrée du Golfe Persique, relie les exportations de pétrole et de GNL du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d’Arabie et l’océan Indien.

Les grands producteurs, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l’Irak et le Qatar, dépendent largement de ce passage. Les marchés européens et les grandes économies asiatiques telles que la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud en dépendent pour leurs importations énergétiques.

En France, les secteurs les plus touchés par cette hausse sont la pêche, le transport et l’agriculture, de grands consommateurs de carburant.

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