«A la dernière session du Conseil des ministres de l’Union de décembre 2025, nous avions convenu que notre Union ne pouvait plus se contenter d’avancer au rythme des certitudes d’hier. Le monde, lui, a accéléré. Les tensions géopolitiques redessinent les alliances, les économies se recomposent sous l’effet des transitions énergétiques et numériques, et nos Etats, au cœur du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, affrontent des défis à la fois sécuritaires, climatiques et sociaux», a rappelé, vendredi, le président du Con­seil des ministres de l’Uemoa à ses collègues.

Dans ce tumulte global, précise Aboubakar Nacanabo, «notre responsabilité est de faire de notre Union non pas un espace qui subit, mais un espace qui choisit. Non pas un espace qui s’adapte tardivement, mais un espace qui anticipe avec lucidité et agit avec audace». Et d’ajouter : «Aucun de nos Etats ne peut, seul, relever ces défis avec une efficacité durable. Notre force réside dans notre unité. Notre avenir dépend de notre capacité à approfondir notre intégration, à harmoniser nos politiques, à mutualiser nos moyens.» C’est pourquoi a-t-il salué «l’engagement constant des institutions de l’Union qui, à travers leurs actions, donnent corps à l’ambition commune et traduisent, au quotidien, la vitalité de l’espace communautaire».

Portant un regard rétrospectif sur l’année 2025, le ministre de l’Economie et des finances du Burkina Faso souligne que «dans l’Union, l’activité économique s’est consolidée avec un taux de croissance de 6, 7%, après 6, 2% en 2024». Cette évolution est principalement liée, selon le président du Conseil des ministres, «à la bonne tenue des industries extractives et des services, ainsi qu’aux résultats satisfaisants de la campagne agricole 2025/2026».

Sur le taux d’inflation, il note que sur l’ensemble de l’année 2025, cet indicateur est «ressorti à 0%, contre un niveau de 3, 5% en 2024. Cette baisse du rythme de progression des prix a été induite par la détente des cours mondiaux des produits alimentaires et énergétiques, ainsi que par l’amélioration de l’offre de céréales sur les marchés locaux à la faveur de la bonne campagne vivrière 2025/2026».

Relativement au financement de l’économie par les banques, le Conseil des ministres relève une hausse. En effet, note M. Nacanabo, «le taux de croissance des crédits à l’économie s’est situé à 5, 6% à fin décembre 2025, après 4, 5% un an plus tôt. Au regard de ces indicateurs, il apparaît que les perspectives économiques restent encourageantes, même si elles demeurent tributaires de l’évolution de la conjoncture internationale, des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, de la situation sécuritaire de l’Union, ainsi que des effets du changement climatique».

A l’issue de cette réunion, plusieurs décisions ont été adoptées, notamment celles «relatives au renouvellement du mandat des représentants des Etats membres de l’Union au sein du Comité de stabilité financière dans l’Umoa (Csf-Umoa) ; l’approbation des comptes de la Bceao pour l’exercice 2025 ; la validation des projets de décisions portant adoption des stratégies de développement du secteur privé de l’Uemoa et de la promotion du dialogue public-privé dans l’espace Uemoa 2025-2030, entre autres».

D’après le président du Conseil, toutes ces décisions constituent des jalons stratégiques et traduisent leur «volonté constante de consolider la stabilité macroéconomique, de renforcer la résilience de nos économies et d’approfondir l’intégration régionale, qui demeure le socle de notre prospérité partagée».

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