Une nouvelle confrontation judiciaire oppose Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko. L’ancien ministre a saisi le tribunal de grande instance hors classe de Dakar afin d’obtenir l’annulation d’une mutation immobilière qu’il estime frauduleuse. Le litige porte sur un bien situé à la cité Keur Gorgui. Évoquée le 9 avril 2026, l’affaire a été renvoyée au 22 avril à la demande des avocats du Premier ministre.

Dans sa requête introduite par Me Baboucar Cissé, le plaignant est revenu sur le contentieux en diffamation qui l’opposait au leader politique. Il rappelle que, par une décision rendue le 30 mars 2023 et confirmée en grande partie en appel puis en cassation, Ousmane Sonko a été condamné à verser 200 millions de FCFA pour diffamation et injures publiques. Selon lui, malgré le caractère définitif de cette condamnation, des manœuvres auraient été engagées pour en éviter l’exécution.

Au cœur du dossier figure la mutation d’un droit au bail portant sur un terrain immatriculé sous le titre foncier n°530/GR, d’une superficie de 264 m², initialement détenu par Ousmane Sonko. D’après les éléments versés au dossier, cette opération, réalisée en mai 2023, aurait transféré le bien à plusieurs membres de sa famille.

Pour Mame Mbaye Niang, cette démarche s’apparente à une organisation d’insolvabilité visant à soustraire le bien à l’exécution de la décision de justice. Il affirme que l’intéressé aurait lui-même reconnu avoir procédé à ce transfert pour éviter de s’acquitter de la condamnation, des propos relayés publiquement par ses avocats.

S’appuyant sur les articles 205 et 206 du Code des obligations civiles et commerciales relatifs à l’action paulienne, Me Baboucar Cissé estime que les conditions juridiques sont réunies pour faire annuler l’acte litigieux, la créance étant, selon lui, « certaine, liquide et exigible ». L’avocat met également en cause le Conservateur de la propriété foncière de Grand-Dakar, qu’il soupçonne de complicité.

Dans ses conclusions, la partie demanderesse sollicite l’inopposabilité de la mutation, son annulation, la réinscription du bien au nom de Ousmane Sonko sous astreinte de 10 millions de FCFA par jour de retard, ainsi que la condamnation solidaire des défendeurs à verser 500 millions de FCFA de dommages et intérêts.

L’affaire, introduite pour la première fois le 19 janvier 2026, devrait connaître un nouveau développement lors de sa prochaine audience fixée au 22 avril.

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