L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) est en proie à une profonde crise interne. L’Intersyndicale Sames-Sutsas dénonce des cas de mauvaise gouvernance et une gestion opaque des ressources humaines. Entre menaces de sanctions et appels à une commission d’enquête, les agents tirent la sonnette d’alarme et interpellent les plus hautes autorités pour préserver l’intégrité de cette institution vitale pour la santé publique , rapporte le quotidien.

 L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) traverse une zone de fortes turbulences. Dans une note rendue publique, l’Inter­syndicale Sames-Sutsas dénonce des dysfonctionnements graves et appelle à une intervention urgente des autorités pour sauver cette institution stratégique. Selon le communiqué des syndicats, l’Arp est actuellement secouée par une «crise institutionnelle grave». Les griefs soulevés par les agents sont multiples et touchent au cœur même de la mission de santé publique de l’agence. Face à ces révélations, l’Inter­syndicale réclame la mise en place immédiate d’une commission d’enquête indépendante. L’objectif : faire toute la lu­mière sur ces dérives qui menacent la crédibilité du secteur pharmaceutique sénégalais.

Des agents sous pression
Le document pointe du doigt une réaction musclée de la Direction générale. Au lieu d’ouvrir le dialogue, celle-ci est accusée de répondre par des «menaces à peine voilées», notamment des retenues sur salaires et des tentatives d’intimidation pour empêcher les agents de dénoncer les manquements à l’éthique.
«Un succès bâti sur la tromperie n’est qu’un échec déguisé», martèle l’Intersyndicale, rappelant que l’Arp a récemment atteint le Niveau de maturité 3 (Nm3), une distinction qui en fait une référence en Afrique francophone, mais que ce statut est aujourd’hui fragilisé.

L’espoir déçu de la rupture
Le texte exprime une amertume profonde vis-à-vis du slogan Jub, Jubal, Jubanti. Les membres du Sames et du Sutsas disent avoir cru à la promesse de rupture avec les anciennes pratiques, pour finalement constater que les «dérives persistent» malgré l’alternance politique.
Les questions posées par les syndicats sont directes et interpellent l’opinion : Pourquoi le recrutement semble-t-il toujours conditionné par des «recommandations» ? Pourquoi la direction cherche-t-elle à contredire des rapports officiels sans fondement réglementaire ? Quel est l’intérêt de bloquer une enquête sur des problèmes pouvant causer des dommages inestimables à la population ?

Un appel au secours aux plus hautes autorités
L’Intersyndicale termine son plaidoyer en appelant les plus hautes autorités du Sénégal à intervenir d’urgence. Pour ces professionnels de santé, l’enjeu dépasse les murs de l’agence : il s’agit d’éviter les résistances bactériennes, d’empêcher les traitements inefficaces et, in fine, de protéger la santé publique et le portefeuille des citoyens les plus modestes.

«Pour la santé de tous, agissons maintenant», conclut le communiqué. Un avertissement clair : le système de régulation du médicament au Sénégal est à la croisée des chemins.

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