La campagne agricole a livré son verdict : les paysans ont produit, comme chaque année, avec courage et persévérance. Reste désormais l’étape, certes secondaire, de la commercialisation. Une formalité, en somme, que le gouvernement semble avoir inscrite dans la catégorie des urgences différées.
Il faut dire que l’agenda officiel est particulièrement chargé. Entre débats politiques interminables, postures stratégiques et combats symboliques, il ne reste que peu d’espace pour ces questions terre-à-terre que sont l’écoulement des récoltes ou le revenu des producteurs. L’arachide, elle, peut patienter ; elle n’a pas de tribune, ni de compte sur les réseaux sociaux.
Pendant que les paysans attendent des acheteurs, le pays assiste à un autre type de récolte : celle des discours. Ils sont abondants, parfois enflammés, souvent répétitifs, et ne nécessitent ni sacs, ni balances, ni logistique. Une économie légère, sans stockage, mais très visible.
Espérons simplement que, lorsque la saison politique sera passée, on se souviendra que gouverner consiste aussi à transformer le travail des champs en revenu réel. Car si la politique peut se permettre d’attendre les prochaines échéances, l’arachide, elle, n’a jamais appris à parler.
Mamadou MBODJ
Membre du bureau politique du parti Act
