Durant trois jours, du 19 au 21 janvier, les acteurs de la filière laitière tenteront de définir et de mettre en œuvre une stratégie commune pour enclencher la grande offensive régionale du lait local.
Collecter et conserver le lait perdu chaque année par les acteurs de l’élevage extensif au Sénégal et dans les pays de la sous-région ouest-africaine et du Sahel constitue l’un des principaux objectifs de l’Association pour la Promotion de l’Élevage au Sahel et en Savane (APESS), présente dans chacun des pays membres. À cet effet, l’organisation travaille à l’élaboration d’une stratégie visant à mobiliser les moyens nécessaires pour poser les bases d’une industrialisation de la filière laitière.
C’est dans ce cadre qu’une plateforme régionale multi-acteurs d’appui à la promotion du lait local en Afrique de l’Ouest a été lancée. Elle regroupe plusieurs associations œuvrant pour le développement du secteur de l’élevage et de la filière lait. Selon son président, Boureima Dodo, l’objectif est d’aboutir à la mise en œuvre effective de la grande offensive régionale du lait local en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Cette initiative permettrait aux pays africains d’atteindre une souveraineté laitière et de réduire significativement les importations de cette denrée essentielle à la consommation des populations. Elle vise également à offrir aux éleveurs extensifs des conditions leur permettant de vivre dignement de leurs cheptels, en connectant les zones de production aux centres urbains de consommation, a expliqué M. Dodo.
Un autre défi majeur concerne la conservation du lait collecté, à travers l’utilisation de techniques traditionnelles et modernes, notamment la transformation en produits dérivés comme le yaourt. Pour atteindre les objectifs de cette grande offensive régionale, une conférence annuelle, servant de cadre élargi de concertation, de suivi et d’évaluation avec l’ensemble des acteurs, a été instituée en collaboration avec les partenaires publics, notamment les États membres de la CEDEAO.
La promotion de la filière laitière en Afrique de l’Ouest et au Sahel contribuera non seulement à la souveraineté alimentaire, mais aussi à la création de nombreux emplois, a estimé Boureima Dodo, soulignant que la diversification agricole figure également parmi les objectifs de la plateforme multi-acteurs. Selon les participants, un ensemble de mesures structurantes doit être pris par les gouvernements des pays membres pour accompagner cette offensive, notamment en matière d’infrastructures.
Le président de la plateforme a reconnu le déficit d’infrastructures, en particulier dans certaines zones très vastes, appelant à la construction de routes pour faciliter le transport du lait collecté dans les zones de production. Il a également plaidé pour le développement de solutions énergétiques accessibles, telles que l’énergie solaire, afin de permettre la collecte, la conservation et la transformation du lait avant son acheminement vers les centres urbains.
Les éleveurs ont par ailleurs besoin de sécurité et d’un meilleur accès aux services sociaux de base pour aller vers une production durable et soutenue. Pour Oumou Sangaré, présidente d’une organisation de producteurs au Mali, cette plateforme arrive à point nommé. Toutefois, elle a souligné que l’insécurité demeure le principal obstacle à la production laitière dans son pays.
À ce titre, elle a lancé un appel aux autorités maliennes afin qu’elles prennent cette problématique à bras-le-corps pour créer les conditions d’une production efficace, estimant que l’Afrique doit pouvoir consommer ce qu’elle produit. Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le Dr Fafa Sow, directeur des Industries animales, a salué la tenue de cette rencontre et magnifié la stratégie de l’APESS visant à améliorer la production, la conservation et la commercialisation du lait dans les pays de la sous-région.
