Il y a un an aujourd’hui (hier précisément) que Donald Trump est devenu 47ème Président des Etats-Unis d’Amérique, 4 ans après avoir été battu par son prédécesseur et successeur, le démocrate Joe Biden.
Cette première année de son deuxième mandat, donne à beaucoup l’impression d’avoir déjà duré une dizaine d’années, les poussant à se demander ce que nous réserve l’avenir Comme s’il voulait rattraper tout le temps perdu depuis sa défaite du 7 novembre 2020 face à celui qui avait été le colistier de Barack Obama, le créateur du slogan «Make America Great Again (Maga)», a lancé des décisions au pas de charge, pour remodeler la face de son pays, et détricoter les mesures prises par son prédécesseur.
Dès les premières heures de sa prise de fonction, il s’est mis devant les caméras et les médias, pour signer environ 25 décrets dont les plus notables portaient sur les mesures limitant l’entrée des étrangers aux Usa, notamment ceux venant du sud des Etats-Unis, la levée des contraintes interdisant l’exploitation des hydrocarbures, l’augmentation des taxes et droits d’entrée des produits en provenance de l’étranger, notamment des pays comme la Chine ou les pays du Sud-est asiatique
Beaucoup de ces mesures étaient essentiellement présentées comme devant apporter des améliorations des conditions de vie de ses compatriotes américains. Ainsi, faute de pouvoir en finir avec l’Obamacare, Donald Trump s’est attaqué une fois de plus aux mesures destinées à réduire les charges fiscales sur l’assurance santé, primordiale dans un pays où la sécurité sociale n’existe pas, et où tous les habitants doivent souscrire à une assurance santé pour pouvoir se prendre en charge sur le plan médical. Mais la meilleure est la suppression des lois favorisant la diversité dans l’enseignement et dans le monde du travail. Les populations hispaniques et africaines américaines qui, en majorité, pouvaient accéder à des études supérieures dans des universités prestigieuses, ou être embauchées par de grandes entreprises, du fait de leur statut social ou de leur race, se sont vues fermer cette porte, au nom d’un «racisme à rebours». L’Administration américaine a encore fait mieux, en voulant imposer cette décision à des pays étrangers, sous peine de sanctions. La hausse des taxes sur certains produits d’exportation était présentée comme devant relancer l’agriculture et l’industrie américaines, étouffées par les produits venant de l’extérieur. L’objectif subsidiaire était d’encourager les entreprises américaines à fermer leurs filiales à l’étranger pour se relocaliser en Amérique, et ainsi, relancer l’emploi dans leur pays. Dans la pratique, une année après, ce n’est pas encore véritablement un succès. Il n’empêche que les taxes sont devenues une grande arme de dissuasion massive pour Trump. Même les pays alliés en sont frappés s’ils voulaient rechigner à certaines décisions de l’occupant de la Maison Blanche à Washington. Le Canada, l’un des plus proches alliés des Usa, et partenaire commercial privilégié, a vu à l’arrivée de Trump ; ses taxes augmenter de 25% sur certains produits. Les protestations de Ottawa lui ont valu une menace d’une hausse nouvelle de 25%. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud ou les pays européens, n’ont pas été épargnés, et plusieurs dirigeants se sont rendus à Canossa pour tenter de faire plier leur suzerain américain.
Les Chinois eux, sont tout le temps sur la corde raide, ne sachant quelle lubie leur sortira Donald Trump après chaque journée. Entre ces deux grandes puissances économiques, les taxes sur les exportations sont devenues la première véritable arme de guerre
Si ces taxes n’ont pas beaucoup touché des pays africains, c’est que la plupart d’entre nous n’avons rien qui puisse intéresser l’Oncle Donald. Mais l’Afrique du Sud de Cyril Ramaphosa, ainsi que le Malawi ou Madagascar, qui ont des productions jugées stratégiques pour leur économie, ont vite senti le souffle du boulet. En plus, l’Afrique du Sud a eu le malheur d’avoir dans le proche entourage de Trump, un «compatriote» raciste, nourri par une haine viscérale du pouvoir noir dans son pays. Elon Musk a encouragé le Président américain à prendre des sanctions contre son pays d’origine, au prétexte que les Blancs y seraient victimes d’exactions. Au point qu’aujourd’hui, seuls les Sud-Africains blancs peuvent entrer aux Etats-Unis en bénéficiant d’un statut de réfugiés politiques. Même les Blancs sudafricains eux-mêmes rient jaune de cette «faveur».
Surtout que maintenant, c’est quasiment tous les ressortissants de pays africains qui se retrouvent pratiquement interdits d’entrée dans ce pays. Les conditions d’entrée aux Etats-Unis, et le processus d’obtention des visas, sont devenus si draconiens que seuls des officiels de certains pays bien ciblés seraient en mesure d’obtenir le fameux sésame. Finie l’époque où les gens pouvaient exhiber un visa longue durée, de dix ans, pour le pays de l’Oncle Sam. Tous les visas de ce type ont été révoqués, et leurs bénéficiaires doivent en solliciter d’autres dont la durée n’excède pas un mois.
S’il ne s’agissait que d’entrée dans leur pays, les Américains ne soulèveraient pas tant de désarroi. Mais la mesure la plus dramatique prise à l’encontre des pays africains et des autres pays du Sud global, a été la dissolution de l’Usaid, l’Agence américaine pour développement international. Cette agence, qui intervenait dans le domaine humanitaire dans plusieurs pays en développement, apportait un soutien inestimable à de nombreuses populations, notamment dans les domaines sanitaire et alimentaire. A ce jour, plusieurs pays n’ont pas encore trouvé le moyen de remplacer le soutien qu’elle apportait à leurs populations.
La propagande de ses partisans a toujours voulu présenter Donald Trump comme un «Président de la paix». On l’a vu se démener, dès son entrée en fonction, pour obtenir un traité de paix entre la Russie et l’Ukraine. Il avait promis d’y parvenir en 48 heures. On compte toujours les heures. Il s’est insinué à Gaza, à travers les bombes et missiles israéliens, au motif de chasser le Hamas et de pacifier la bande territoriale. Cela, avec les encouragements de Netanyahu et des Européens. Les effets se font toujours attendre. Tout cela ne l’a pas empêché de s’aventurer en Afrique centrale, où sont enterrés les minerais stratégiques du Congo, dans le Kivu. Il a contraint Kagame et Tshisekedi à se rendre à Washington et signer un traité de paix, devant les caméras de la Maison Blanche. Tous ces efforts n’ont pas empêché que le Comité Nobel décide d’offrir son prix de la paix à une opposante vénézuélienne en mal de reconnaissance internationale. Cette dernière, fine mouche, s’est empressée de remettre son prix à Donald Trump -en conservant le chèque. Et son ami Infantino lui a touvé un prix de consolation, le prix Fifa pour la Paix.
De manière lapidaire, Cette année Trump à la Maison Blanche commence à sembler, pour beaucoup de personnes, les Américains comme les étrangers, à une éternité en enfer. Or, il lui reste encore beaucoup de temps, et rien ne dit p qu’il ne voudrait pas se faire reconduire, même si la Constitution américaine semble muette sur la question. Quoi qu’il en soit, au vu de son long parcours d’un an et des trois années qui lui restent, que feront les dirigeants du monde pour tenter d’amadouer le fantasque Donald Trump ?
