Permettez-moi de plagier Aimé Césaire comme dans «Le Cahier de retour au pays natal» et le mot qui me traverse l’esprit de façon itérative reste «debout !». Oui «debout» comme un seul homme, une seule Nation pour mettre dehors tout ce qui n’entre pas dans le champ du sportif et de l’Olympisme.
Aujourd’hui, le Sénégal -à travers son entraîneur et ses joueurs- n’a pas seulement refusé de subir une injustice, mais de mettre à nu un système qui, lentement mais sûrement, s’oriente vers un clanisme et un despotisme géopolitique du «sport business» incarné par la Fifa et soutenue en cela par des présidents de confédération qui réfléchissent uniquement aux intérêts du Magister dixit au détriment du football africain et des peuples africains.
Comment peut-on justifier, aujourd’hui, la disparition de la Chan qui est une vitrine pour faire éclore nos talents locaux ? Pourquoi instaurer une organisation de la Can tous les quatre ans ? Qu’est ce qui explique cette décision saugrenue et unilatérale de la Caf ?
Toutes ces interrogations trouvent leurs réponses dans un projet machiavélique savamment réfléchi depuis les hautes sphères du football pour décrédibiliser la Can et le succès qu’il draine. L’épisode de Rabat, reste l’échec d’un conglomérat d’affairistes qui choisit ses arbitres, ses officiels, ses journalistes, ses stadiers, ses ramasseurs de balle… pour honorer un pays organisateur. Dommage pour tous ceux qui ont voulu faire du Sénégal l’agneau du sacrifice et essayé de salir notre victoire devant l’incapacité de tenir des arguments solides, tant le monde entier, réfléchi et impartial, avait vu venir la tentative de ce coup de Jarnac.
En faisant face, en restant debout» devant les pratiques antisportives (manque de sécurité, défaut d’hébergement et refus de s’entraîner au stade, les instances faîtières du football (Fifa et Caf) se sont rendues coupables, mais une culpabilité qui est la traduction d’un choix d’un pays, d’une Equipe nationale, fut-ce-t-il le pays organisateur. J’accuse pour cette inertie assumée et feinte maladroitement cachée, car la gestuelle est plus expressive que les paroles. Le cœur ne ment pas.
La détermination des Sénégalais, malgré un projet de déstabilisation des Marocains à tous les niveaux, nous rappelle, à bien des égards, la force de résilience du Peuple sénégalais devant l’injustice. La première victoire reste ce refus de la soumission pour rester une équipe et rejeter toute forme de compromission ou de complot, malgré des liens séculaires. Chers «Gaïndés», à travers vous, les férus de justice ont fait leur catharsis, tant la frustration accumulée autour de cette compétition était étouffante.
Vous n’avez pas décrédibilisé la compétition, ni donné une mauvaise image de l’Afrique, mais vous avez osé mettre à nu, aux yeux du monde, des pratiques inélégantes avec des sportifs ou des administrateurs du monde sportif affairistes qui cherchent à décrédibiliser la Can au détriment de la Coupe des Pays arabes, là où les pétrodollars font la loi. Le projet de décrédibilisation de la Can et de l’Afrique a commencé avec la mise en place de la Coupe du monde des clubs (une compétition sans valeur) de la Fifa. La complicité de la Caf reste manifestement sans équivoque dans cette injustice avec la libération des joueurs à une semaine de la compétition pour plaire aux clubs européens. Nous devons repenser le football africain avec de vrais africains mais pas avec des chargés de mission de la Fifa.
Les nations africaines du football, éprises de justice et de liberté, doivent faire face à ces dérives de l’ingérence du président de la Fifa, par une injonction à la Caf, de sanctionner le Sénégal. Vous êtes toutes interpellées pour arrêter le monologue dangereux «Infantino».
Nous devons rester unis et solidaires, comme vous l’avez manifesté partout dans le monde avec ces liesses populaires lors de la victoire du Sénégal pour booter dehors tous les comploteurs dans le football africain et international.
Nous allons briller avec nos deux étoiles, n’en déplaise à la Fifa et à la Caf !
On nous tue. On ne nous déshonore pas !
El hadji SAMB
Chercheur en Education
Formateur au Cfpc Delafosse
