La disparition de l’actrice sénégalaise Halima Gadji dépasse l’émotion collective. Elle relance un débat sensible sur la prise en charge de la santé mentale en Afrique de l’Ouest. En réaction, la chanteuse malienne Oumou Sangaré interpelle les sociétés africaines et réclame un changement radical d’attitude envers les personnes en souffrance psychologique.
Un décès qui relance un débat de fond
D’abord, la mort d’Halima Gadji a suscité une vive émotion dans l’espace public. Cependant, au-delà des hommages, cette disparition ravive une réflexion douloureuse sur la perception sociale de la maladie mentale.
Ainsi, Oumou Sangaré s’est emparée de cette tragédie pour adresser un message direct aux communautés. Elle dénonce une gestion sociale de la souffrance psychologique qu’elle juge destructrice et profondément injuste.
Hommage à une voix courageuse
Ensuite, la diva malienne rend hommage à la mémoire de l’actrice. Elle salue une « femme courageuse » qui, de son vivant, avait osé parler de harcèlement et de dépression.
Selon des informations rapportées par Kawtef, la chanteuse regrette que ce courage se heurte encore à un mur de silence, de déni et de tabous persistants dans de nombreuses sociétés africaines.
La dénonciation d’une prise en charge inadaptée
Par ailleurs, Oumou Sangaré critique une approche culturelle qui tend à spiritualiser systématiquement la maladie mentale. Elle déplore une confusion des registres qui met en danger la vie des malades.
« On envoie consulter des marabouts quand il faut consulter des médecins », martèle-t-elle. Selon elle, cette substitution des soins médicaux par des solutions mystiques isole davantage les patients, souvent par peur du regard social.
Un appel à briser la stigmatisation
Enfin, la chanteuse insiste sur l’urgence de rompre avec la stigmatisation entourant la dépression. Elle appelle à une prise de conscience collective afin que la détresse psychologique ne soit plus minimisée ni interprétée uniquement sous un prisme spirituel.
« Combien de talents perdus ? Combien de vies brisées ? », s’interroge-t-elle, exhortant les familles à écouter sans juger et à orienter leurs proches vers des professionnels de santé qualifiés.
Ce message résonne fortement alors que la famille de la défunte, notamment son frère Kader Gadji, traverse cette épreuve. Oumou Sangaré conclut par un appel à l’empathie et à la vigilance, rappelant qu’une écoute attentive peut sauver une vie et que le recours à l’aide médicale ne doit jamais être une source de honte.
