L’UEMOA vit une véritable révolution financière. La monnaie électronique redessine le paysage, devenant l’un des outils les plus efficaces pour démocratiser l’accès aux services financiers. Les résultats parlent d’eux-mêmes. Les établissements de monnaie électronique (EME) comptent 53,6 millions de comptes actifs en 2024, contre 52,6 millions l’année précédente. L’encours a bondi à 1 411,7 milliards de FCFA, soit une progression de 25,6 % en un an.

Mais il y a un paradoxe. Malgré ce succès, le secteur peine à trouver son équilibre économique. Pour la troisième année d’affilée, les EME enregistrent des pertes, avec un déficit net de 17,3 milliards de FCFA en 2024. La tendance s’améliore – le déficit était de 32,8 milliards en 2022, puis de 21,1 milliards en 2023 – mais la question demeure. Comment un secteur aussi dynamique reste-t-il dans le rouge ?

Le marché subit une profonde restructuration. Le nombre d’EME agréés est passé de 17 à 14 entre 2023 et 2024, avec trois retraits d’agrément en Côte d’Ivoire. La concurrence s’intensifie avec des stratégies tarifaires agressives qui pressent les marges.

Face à cette situation, les régulateurs ont agi. En 2024, la BCEAO a créé une nouvelle catégorie d’acteurs, les établissements de paiement (EP), via l’Instruction n°001-01-2024 pour mieux organiser le marché et renforcer la confiance. Une trentaine d’établissements ont déjà été agréés.

Puis, en septembre 2025, le lancement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) a marqué un tournant majeur. Cette infrastructure régionale permet des paiements instantanés en moins de 10 secondes, 24h/24, avec une interopérabilité totale entre banques, EME et microfinances. Exactement le type d’innovation capable de transformer un secteur fragmenté en écosystème intégré.

Chez OMOA, ces défis se traduisent par des infrastructures modernes, des solutions à l’échelle de l’Union, des partenariats locaux. Quand l’innovation rencontre la rigueur opérationnelle, on apporte des réponses durables.

Pour rendre tout cela viable, trois priorités se dégagent.

D’abord, repenser les modèles économiques. La monnaie électronique doit devenir une plateforme de services financiers intégrés, utile aux particuliers comme aux petites entreprises. L’interopérabilité de la PI-SPI ouvre cette voie.

Ensuite, miser sur la sécurité. Les utilisateurs n’adopteront massivement ces services que s’ils sont certains que leurs transactions sont protégées et que les standards internationaux sont respectés.

Enfin, cultiver la proximité. L’inclusion financière implique plus que d’ouvrir des comptes – 69 % des comptes EME restent inactifs. Il faut accompagner les utilisateurs, les former, comprendre leurs besoins et y répondre concrètement.

Dans une UEMOA en pleine mutation, la réussite de la monnaie électronique reposera moins sur la course aux volumes que sur la qualité des infrastructures, la confiance des utilisateurs et la viabilité économique des acteurs. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit l’engagement d’OMOA : bâtir un écosystème de paiement interopérable, robuste et durable, au service de l’inclusion financière et du développement économique de notre région.


Biographie de Bart Willems

Leader avec plus de 20 ans d’expérience internationale dans les secteurs des matières premières, de la production industrielle et des services financiers, Bart Jan Lode Willems dirige actuellement le groupe SYRSE/OMOA (sous Private Equity SPE Capital) avec des opérations dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale.

Né le 10 février 1973, ce dirigeant belge basé à Abidjan, Côte d’Ivoire, a transformé SYRSE/OMOA en partenaire de confiance pour les banques, institutions de microfinance et opérateurs télécoms, avec un chiffre d’affaires annuel de 20 millions de dollars et 150 employés.

Titulaire d’un Global Executive MBA d’INSEAD et d’un Master en Comptabilité et Audit International, Bart a considérablement renforcé la performance du groupe depuis 2020 en :

● Réorientant la stratégie vers le client plutôt que le produit

● Déployant une culture de performance commerciale

● Développant l’activité de processing et cartes

● Instaurant une politique d’innovation avec culture projet et Bureau de Gestion de Projets (PMO)

● Optimisant les reportings financiers et les flux inter-entreprises

Son parcours inclut des postes de direction chez Newpack (emballages en carton), Promasidor (agroalimentaire) et Barry Callebaut (cacao et chocolat), où il a piloté des acquisitions, restructurations et transformations organisationnelles majeures à travers l’Afrique.

Polyglotte, Bart parle couramment le français, l’anglais, le néerlandais et l’allemand des affaires.

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