Le Tribunal de grande instance de Mbour a été le théâtre, mardi dernier, d’un procès particulièrement éprouvant, révélant l’ampleur et la violence de certaines pratiques liées à la cybercriminalité. Deux individus, C. Guèye, commerçant, et M. Thiandoum, mécanicien, ont comparu pour des faits de harcèlement et d’extorsion au préjudice de dix jeunes femmes résidant dans la commune de Sindia.
Selon les conclusions de l’enquête, les mis en cause auraient mis en place un stratagème reposant sur l’exploitation abusive des réseaux sociaux. Des photos personnelles récupérées sur TikTok étaient détournées par des montages numériques afin de produire de faux contenus à caractère obscène. Ces images étaient ensuite diffusées sur Internet, servant de moyen de pression sur les victimes.
Les conséquences sociales ont été lourdes. Stigmatisées et exposées publiquement, plusieurs jeunes femmes ont vu leur réputation gravement atteinte, certaines allant jusqu’à suspendre leurs activités économiques ou à s’isoler pour fuir la pression sociale.
Après de longs mois de silence, les victimes ont finalement saisi la justice. Avec l’appui de la gendarmerie, un dispositif a permis de prendre les suspects au piège. C. Guèye a été interpellé en flagrant délit alors qu’il exigeait une somme d’argent en échange du retrait des contenus litigieux. Confronté aux faits, il a fini par désigner son présumé complice, M. Thiandoum.
À la barre, les deux prévenus ont adopté des lignes de défense opposées. Tandis que M. Thiandoum a reconnu les faits, C. Guèye a tenté de les contester. Le parquet, qualifiant les actes d’extorsion en bande organisée et de harcèlement d’une extrême gravité, a requis une peine de deux ans de prison ferme à l’encontre des deux hommes.
Le verdict est attendu le 3 février prochain, date à laquelle le tribunal rendra son délibéré.
