La coalition «Publiez ce que vous payez» (Pcqvp) Sénégal, avec l’appui de la African climate foundation (Acf), met en œuvre un projet d’étude intitulé «Critical minerals and energy transition in Senegal : documenting issues and anticipating challenges». Selon le Quotidien , l’objectif global de ce projet est de produire une analyse approfondie et documentée du potentiel, des enjeux et des défis liés à l’exploitation des minéraux critiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre, le manganèse et les terres rares.
«L’exploitation des minéraux critiques représente une opportunité stratégique pour le Sénégal dans le contexte de transition énergétique mondiale. Cependant, sans une gestion adéquate et une anticipation des défis, cette opportunité pourrait se transformer en un risque économique, environnemental et social. Ce projet vise donc à documenter ces enjeux, anticiper les défis, informer les acteurs clés et influencer les décisions politiques pour une exploitation durable et équitable des minéraux critiques qui sauvegardent les intérêts stratégiques du Sénégal», a expliqué Dr Papa Fara Diallo, président de la Coalition nationale Pcqvp, lors de la validation de la méthodologie de recherche et du lancement dudit projet.
Le Sénégal, historiquement producteur de phosphates, d’or, de zircon et de titane, dispose également d’un potentiel géologique encore insuffisamment documenté en matière de minéraux critiques, selon les initiateurs de cette étude. «Ces minéraux critiques, si leur potentiel est confirmé, peuvent offrir une opportunité supplémentaire pour notre pays. Ils peuvent, au même titre que le pétrole et le gaz, contribuer à bâtir une industrialisation verte», estime le Représentant pays de l’Acf. Dr Lamine Cissé rappelle que cette fondation «travaille également à appuyer l’Etat du Sénégal sur ces questions d’industrialisation verte et à définir une nouvelle stratégie en la matière». «Nous devons donc documenter ce potentiel, identifier les enjeux de gouvernance et les défis environnementaux. C’est précisément l’objet de notre projet : avoir une vision prospective et, surtout, éviter de répéter les erreurs du passé en anticipant en amont. Tel est l’engagement de l’African climate foundation, qui travaille depuis plusieurs années à accompagner le gouvernement, les différents ministères, mais aussi les acteurs de la Société civile», indique M. Cissé.
Ces dernières années, il a été constaté une augmentation «significative des demandes de permis d’exploitation pour les minéraux critiques». Et pour le Secrétaire exécutif adjoint du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie), «cette forte demande de permis d’exploitation témoigne d’un intérêt manifeste pour ces substances essentielles à la transition énergétique». En 2024, relève Ibrahima Baldé, «une cinquantaine de demandes dont sept permis de recherche attribués sur le lithium, 31 demandes pour le manganèse et trois titres miniers actifs ont été répertoriés». Ainsi, assure M. Baldé, «ces ressources constituent un enjeu de taille. Il nous incombe d’adopter une démarche très claire, notamment en matière de cartographie de ces ressources, pour engager une réflexion scientifique solide. D’où l’importance capitale de cette étude».
A son avis, «cette étude peut constituer le point de départ d’un débat éclairé sur ces minéraux critiques. Et permettra d’obtenir une cartographie claire de toutes ces ressources stratégiques, de connaître leur localisation géographique, d’évaluer le potentiel et déterminer ce qui est économiquement exploitable et les volumes de production envisageables».
Pcqvp et son partenaire veulent que la question des minéraux critiques soit placée au cœur d’une transformation durable et équitable, et que les enjeux soient clairement définis et pris en compte. Au nom du Parlement, le vice-président de la commission «Energie et ressources minérales», Diomgomaye Diaw, souhaite que les travaux issus de ce projet permettent d’éclairer la prise des décisions publiques, de renforcer les capacités des acteurs, et de contribuer à l’élaboration de politiques publiques cohérentes et durables dans les secteurs de l’énergie et des ressources minérales.
