Après les succès offshore, le Sénégal regarde vers l’intérieur de ses terres. La compagnie nationale Petrosen s’apprête à lancer, en solo, une campagne d’exploration terrestre d’envergure, financée à hauteur de 100 millions de dollars. Un pari audacieux qui vise à répliquer sur le continent les découvertes maritimes majeures, tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.

C’est une nouvelle étape dans l’histoire pétrolière du Sénégal. Fort de son statut de producteur de gaz et de pétrole acquis grâce aux gisements marins de Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim (GTA), l’État sénégalais veut désormais creuser son propre sillon. Selon des informations rapportées par Bloomberg mardi 10 février 2026, Petrosen va investir au moins 100 millions de dollars (environ 60 milliards de FCFA) dès cette année pour explorer le potentiel pétrolier onshore du pays.​

Cette initiative marque une rupture stratégique. Petrosen ne compte plus seulement sur les partenariats avec les géants internationaux comme BP ou Woodside, mais entend devenir un opérateur à part entière.

La logique défendue par Alioune Gueye, directeur général de Petrosen, est simple et optimiste. « Puisque nous avons des découvertes offshore, il est raisonnable de penser que nous avons le même potentiel onshore », a-t-il déclaré à Bloomberg.​

L’absence d’exploration terrestre depuis des décennies laisse, selon lui, un champ des possibles immense. L’objectif est ambitieux : « Notre espoir est d’avoir une découverte majeure dans notre bassin terrestre d’ici la fin de l’année », confie le patron de la compagnie nationale.​

Pour financer ce « saut technologique », Petrosen n’a pas hésité à mettre la main à la poche, débloquant une enveloppe de 100 millions de dollars pour « relancer cette exploration ».​

Cette démarche s’inscrit dans une tendance de fond sur le continent. À l’instar du Nigeria, de l’Angola ou de la Guinée équatoriale, le Sénégal cherche à muscler ses capacités nationales pour ne plus être un simple spectateur ou un partenaire minoritaire de l’exploitation de ses ressources.

Cependant, comme le souligne Bloomberg, le défi reste de taille : développer les compétences techniques et la solidité financière pour rivaliser avec les majors occidentales est un processus long et complexe. Les récents retards sur les projets GTA et Sangomar, finalement entrés en production en 2025 et 2024, ont rappelé la difficulté opérationnelle de tels chantiers.​

Avec ce pari à 100 millions de dollars, Petrosen tente de prouver qu’elle a désormais les épaules assez larges pour écrire, seule, le prochain chapitre de l’épopée pétrolière sénégalaise.

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